Accueil POLITIQUE William Ruto : Son ultimatum kényan fragilise l’intégration régionale africaine

William Ruto : Son ultimatum kényan fragilise l’intégration régionale africaine

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Une fenêtre de trois mois s’ouvre pour les entrepreneurs étrangers exerçant au Kenya. Le gouvernement de Nairobi a annoncé une période de régularisation de 90 jours, offrant un sursis bienvenu après une directive présidentielle qui avait semé la confusion et la crainte parmi les populations non-kényanes. Cette initiative de clarification tente d’apaiser une situation tendue, née des déclarations fermes de William Ruto concernant le rôle des commerçants venant d’autres nations africaines et au-delà.

L’Évincement Avorté et la Panique Générale

L’onde de choc avait été considérable suite aux propos du président William Ruto, le 2 septembre dernier. Devant un parterre d’entrepreneurs kényans, le chef de l’État avait enjoint à tous les opérateurs économiques étrangers œuvrant dans le petit commerce de cesser leurs activités avant le 7 septembre. Sans préciser les tailles de sociétés visées ni le sort des entreprises dûment enregistrées, cette injonction avait provoqué une course effrénée vers les ambassades, notamment celle du Burundi à Nairobi, où des centaines de citoyens burundais, membres de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC), cherchaient des laissez-passer pour rentrer chez eux. Korir Sing’Oie, numéro deux des Affaires étrangères du Kenya, avait dû intervenir personnellement pour calmer les esprits et présenter des excuses, attribuant la situation à des paroles « sorties de leur contexte ».

Nairobi, L’EAC et les Droits des Commerçants Africains

Au-delà de l’agitation immédiate, les déclarations initiales du président kényan ont ravivé le débat sur les obligations du Kenya en tant que membre de l’EAC, une organisation prônant la libre circulation de ses citoyens. Les juristes et observateurs avaient rapidement exprimé leurs craintes quant aux risques de réactions xénophobes et de mesures discriminatoires. La Commission nationale kényane des Droits de l’Homme (KNHCR) a d’ailleurs signalé avoir recensé des menaces, intimidations et traitements inéquitables envers des migrants et réfugiés, attestant des répercussions concrètes des paroles présidentielles. Parallèlement, un projet de loi visant à prioriser les fournisseurs et employés locaux face aux entreprises étrangères est en discussion au Parlement, signifiant une volonté politique de nationalisation de certaines activités économiques.

Le délai de 90 jours accordé par Nairobi est donc une tentative de concilier les aspirations nationales avec les impératifs régionaux et les normes internationales. Il impose aux acteurs économiques étrangers de se conformer rigoureusement aux réglementations en matière d’immigration et d’enregistrement commercial. À l’issue de cette période, le gouvernement a promis de faire appliquer la loi avec « fermeté ». Reste à voir si cette « campagne de régularisation » parviendra à rassurer durablement les partenaires de l’EAC et la communauté internationale, ou si elle ne fait que retarder une confrontation plus profonde sur la place des étrangers dans l’économie kényane.

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