Le cas de M. Sow, agent de caisse mis en garde à vue suite à l’enquête sur un détournement de 1,8 milliard de francs CFA à la CSS de Colobane, relance le débat sur la protection des droits fondamentaux dans le système judiciaire sénégalais.
Chronologie des démarches judiciaires
Le 12 mars 2026, l’inculpé a présenté, devant le juge d’instruction du deuxième cabinet du Pool judiciaire financier, une requête visant à obtenir soit une liberté conditionnelle, soit le port d’un bracelet électronique, soit un contrôle judiciaire. Le 24 mars, le magistrat a prononcé le rejet de cette demande. Le lendemain, le 25 mars, l’avocat de M. Sow a interjeté appel contre la décision initiale.
Le cadre légal au cœur du différend
Le contentieux repose principalement sur l’interprétation de l’article 187 du Code de procédure pénale, qui impose à la Chambre d’accusation de statuer sur toute détention provisoire au plus tard un mois après l’appel. En l’absence de décision ou de vérifications supplémentaires, la loi prévoit la libération automatique du prévenu. Or, les autorités n’ont pas rendu de jugement depuis avril, dépassant largement le délai d’un mois prévu par la norme.
Implications pour la défense et les libertés individuelles
Les proches et le conseil juridique de M. Sow soutiennent que la prolongation de la détention constitue une incarcération arbitraire, violant les garanties procédurales. Cette situation met en lumière les risques d’une application rigide des procédures lorsqu’elle n’est pas accompagnée d’un suivi effectif, et soulève des questions quant à l’équilibre entre lutte contre la corruption et respect des droits de la défense.
Si le juge d’instruction maintient sa position, le cas pourrait devenir une référence pour les futures affaires de détention provisoire, incitant les institutions à revoir leurs pratiques afin d’assurer une conformité stricte aux délais légaux.



