Le Sénégal, sous l’impulsion de son Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, s’apprête à redessiner les contours de sa stratégie numérique. Loin des annonces grandioses sans lendemain, le gouvernement impose désormais une feuille de route marquée par le pragmatisme et la quête de résultats tangibles. La Déclaration de politique générale, présentée le 8 septembre 2026, inaugure une ère où chaque initiative technologique doit d’abord prouver sa viabilité, son financement solide et son impact mesurable sur la vie nationale.
Des Critères Inflexibles pour des Projets Réussis
Fini le temps des ambitions démesurées sans fondement. Le Premier ministre Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo a été catégorique : l’engagement du Sénégal dans le New Deal technologique sera désormais soumis à une rigoureuse évaluation. Tout projet numérique devra impérativement passer par une « banque de projets » et ne sera pas lancé avant la finalisation de ses études, la confirmation de son financement et la démonstration claire de ses retombées positives. Cette exigence marque un tournant, comme l’illustre la formule du chef du gouvernement : « J’aime mieux vous annoncer aujourd’hui quinze projets et vous en livrer douze, que vous en annoncer cinquante et vous en livrer six. » Cette approche sélective contraste avec les lancements antérieurs, comme ceux des projets structurants du New Deal technologique initiés le 24 mars 2026 à Dakar par Ousmane Sonko, qui prévoyait un investissement de près de 1 100 milliards de francs CFA sur la période 2025-2034. La nouvelle orientation déplace l’attention vers l’architecture technique, les échéanciers précis et des indicateurs de performance vérifiables.
Cloud Souverain et Intelligence Artificielle : Piloter l’Avenir National
Au cœur de cette vision transformatrice se trouvent deux piliers stratégiques : le déploiement d’un cloud souverain et l’intégration profonde de l’intelligence artificielle. Le concept de cloud souverain vise à sanctuariser les données sensibles de l’État sur le territoire national, assurant ainsi la protection des informations publiques et des identités numériques des citoyens. Il est également un levier essentiel pour la dématérialisation des services administratifs et la sécurisation des infrastructures vitales. La performance de ces plateformes sera évaluée sur des critères concrets tels que la disponibilité opérationnelle, l’adoption par les usagers, l’optimisation des coûts et des délais, l’interopérabilité des divers systèmes, et, fondamentalement, la pleine maîtrise nationale des données et des équipements. Cette orientation répond aux préoccupations déjà soulevées en mai 2026 par Alioune Sall, alors ministre de la Communication, des Télécommunications et de l’Économie numérique, concernant la nécessité de renforcer la robustesse des réseaux face aux menaces sécuritaires, climatiques et techniques. Quant à l’intelligence artificielle, elle est annoncée comme « au centre » des développements futurs, avec une stratégie axée sur des usages sectoriels dans l’administration, l’éducation et la santé. Des avancées concrètes sont envisagées, comme l’expansion de la télémédecine et la création de 15 000 salles de classe connectées.
En imposant ces garde-fous rigoureux, le gouvernement sénégalais, sous l’égide d’Ahmadou Alhaminou Mohamed Lo, ambitionne de garantir que chaque franc investi dans le numérique produise des bénéfices tangibles et durables pour la population. Cette réorientation stratégique, tout en maintenant les ambitions de l’Agenda Sénégal 2050, promet une exécution plus maîtrisée et des infrastructures plus résilientes, jetant les bases d’une véritable souveraineté numérique pour le pays. La digitalisation des procédures douanières, la taxation des services numériques étrangers et la construction de 45 Espaces numériques ouverts complètent ce tableau d’une nation déterminée à bâtir son avenir technologique sur des fondations solides et transparentes.



