Alors que le secteur médiatique sénégalais peine à se relever, le dernier appel du Fonds d’Appui et de Développement de la Presse révèle un déséquilibre criant entre les différents types d’acteurs.
Radios communautaires : la seule force mobilisée
Sur les 96 dossiers enregistrés, toutes les demandes proviennent de radios communautaires ou associatives. À côté, seules neuf plateformes en ligne et deux stations commerciales ont soumis leurs dossiers. Aucun organisme de presse écrite, aucune chaîne de télévision n’a encore présenté de candidature, selon le communiqué du Conseil de gestion publié le 31 août.
Obstacles administratifs qui freinent la presse écrite et les télévisions
Les responsables de plusieurs médias pointent du doigt des exigences jugées excessives, comme le quitus fiscal ou les justificatifs de cotisation à l’IPRES, qui compliquent la constitution des dossiers. Sous l’ancien régime de l’APR, les critères étaient plus souples et les aides étaient modulées en fonction des pièces réellement disponibles. Aujourd’hui, les autorités ont durci les conditions d’éligibilité, renforçant ainsi la méfiance déjà alimentée par les précédentes procédures.
La Fédération des Associations de la Communication Sociale (FACS) avait dénoncé, le 24 décembre, une « rupture d’égalité » liée à un calendrier jugé trop court. Plus tôt, le 8 avril 2026, le Comité de Développement des Entreprises Publiques et Sociales (CDEPS) avait qualifié la répartition du FADP 2025 d’inique et d’illégale, rappelant le blocage arbitraire d’une subvention de 39 millions de francs CFA destinée aux organes de presse de 2024.
Enjeux de la prochaine échéance
Le fonds maintient la plateforme de dépôt ouverte jusqu’au 15 septembre 2026 et propose une assistance technique pour aider les entreprises à finaliser leurs dossiers. Le Conseil de gestion invite donc les acteurs concernés à accélérer leurs démarches, sous peine de manquer la dernière fenêtre d’accès à une aide destinée à soutenir la modernisation et la résilience de la presse nationale.
Si les radios communautaires continuent d’embrasser le dispositif, l’avenir des médias écrits et audiovisuels dépendra de la capacité du gouvernement à simplifier les exigences et à restaurer la confiance des acteurs déjà fragilisés par des années de difficultés économiques.



