Accueil POLITIQUE Crise en Guinée-Bissau : le référendum du 30 août torpille la légitimité

Crise en Guinée-Bissau : le référendum du 30 août torpille la légitimité

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La scène politique bissau-guinéenne est secouée par une onde de choc majeure. Le référendum constitutionnel, tenu le 30 août dernier, a été catégoriquement rejeté par les principales forces d’opposition, qui dénoncent un scrutin « illégitime » et un « échec politique et institutionnel » flagrant. Cette consultation populaire, censée tracer une nouvelle voie constitutionnelle pour le pays, plonge désormais la Guinée-Bissau dans une incertitude accrue, avec des appels pressants à un dialogue national inclusif pour éviter une dérive.

Une consultation contestée dès son origine

Les deux coalitions d’opposition majeures, la Plateforme de l’alliance inclusive–Terra Ranka (PAI-TR) et l’Alliance patriotique inclusive–Cabaz Garandi (API-CG), ont fustigé l’organisation de ce vote. Pour elles, l’initiative du Conseil national de transition ne reflétait pas la volonté populaire et violait les principes démocratiques fondamentaux. Les deux entités, représentées respectivement par António Samba Baldé et Jorge Fernandes, avaient exhorté au boycott du scrutin, arguant que les autorités de transition manquaient de légitimité. Elles pointaient également du doigt les restrictions des libertés publiques, l’exclusion de divers partis et organisations civiles, ainsi que l’absence de toute possibilité de surveillance indépendante du processus.

La faible participation observée dans l’ensemble des régions du pays a été perçue par l’opposition comme une confirmation éclatante de leur position. Ce faible engouement aurait démontré le refus populaire des réformes imposées par le régime en place. La déclaration conjointe des plateformes a souligné que ce boycott citoyen était une manifestation de conscience politique, affirmant que l’avenir constitutionnel de la nation ne pouvait être décidé ni légitimé par un processus unilatéral, émanant d’un cercle restreint.

L’urgence d’un dialogue inclusif pour apaiser les tensions

Face à ce qu’elles qualifient de fiasco, la PAI-TR et l’API-CG ont tiré plusieurs conclusions cruciales. Premièrement, le rejet manifeste des réformes suggère qu’un consensus national est impératif pour toute modification constitutionnelle. Deuxièmement, elles ont exhorté les organes de transition à prendre acte de cet échec et à abandonner les initiatives vouées à l’impasse. Les opposants ont clairement indiqué qu’ils ne reconnaissaient aucune légitimité à un processus dépourvu des conditions politiques nécessaires à l’édification d’un accord national.

L’imposition d’une nouvelle Constitution à une population majoritairement hostile pourrait, selon les plateformes, exacerber davantage la crise politique et institutionnelle. Elles ont donc lancé un appel solennel à tous les acteurs nationaux, les incitant à privilégier les intérêts supérieurs du pays avant toute considération politique éphémère. Il est, à leurs yeux, vital de "stopper la dérive autoritaire" et d’ouvrir sans délai une nouvelle voie de concertation politique élargie. L’objectif ultime étant de reconstruire la confiance entre les citoyens bissau-guinéens et de normaliser enfin l’ordre constitutionnel.

L’échec de ce référendum place la Guinée-Bissau à un carrefour délicat, où la capacité des acteurs politiques à s’entendre déterminera la stabilité future de la nation.

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