Alors que le Magal et le Gamou attirent chaque année des milliers de fidèles, l’édition 2026 a offert à la ville de Tivaouane une mobilisation sanitaire hors du commun, mettant en lumière les défis de la prise en charge des seniors dans les événements massifs.
Un dispositif sanitaire d’envergure
Plus de 3 000 agents de santé ont été déployés pour couvrir les trois jours de festivités. L’effort a rassemblé l’hôpital régional, l’hôpital militaire de la base aérienne, ainsi que l’établissement Saint‑Jean‑de‑Dieu, soutenus par 26 ambulances des sapeurs‑pompiers et 28 ambulances du district sanitaire. Au cœur de cette organisation, la Société sénégalaise de gériatrie et de gérontologie (SSGG) a mobilisé 19 médecins et 6 infirmiers répartis sur six sites différents.
Des soins ciblés pour les plus vulnérables
Durant la première journée, 181 personnes ont bénéficié d’une consultation, chiffre qui a baissé à 131 le deuxième jour avant de culminer à 44 le troisième. Les patients étaient majoritairement des personnes âgées, des malades chroniques et des individus en situation de fragilité. Les équipes ont traité des affections ostéo‑articulaires, des crises hypertensives liées à l’interruption ou à l’oubli de traitements pendant les déplacements, ainsi que des syndromes grippaux et des coups de chaleur. Une unité mobile a également rendu visite aux patients dépendants incapables de se déplacer, équipée d’un stock de médicaments gériatriques et d’un appareil d’électrocardiogramme (ECG).
Enjeux et recommandations pour l’avenir
À l’issue de cette action conjointe, la SSGG a souligné la nécessité d’un renforcement structurel de la prise en charge gériatrique, notamment lors des grands rassemblements religieux. Elle préconise d’intensifier les actions de prévention, d’assurer la continuité des traitements et de déployer davantage de ressources mobiles pour atteindre les patients les plus isolés. Ces propositions visent à garantir que les futures éditions du Gamou et du Magal offrent un environnement plus sûr pour les aînés sénégalais.
En définitive, l’expérience de Tivaouane montre que la santé des seniors doit être intégrée dès la planification des manifestations de masse, sous peine de voir se creuser des lacunes critiques dans la protection de cette population vulnérable.



