Une nouvelle ère de gestion budgétaire s’annonce pour le Sénégal. Alors que l’année 2026 touche à sa fin, les hautes sphères gouvernementales se penchent déjà sur l’élaboration de la loi de finances pour 2027, et les directives du ministre des Finances, formulées dans une circulaire du 30 juillet, sont sans équivoque : l’heure est à la discipline. L’objectif cardinal est de dépenser moins, mais surtout mieux, en mobilisant de nouvelles sources de revenus et en contrôlant rigoureusement les charges. Ce processus vise à rétablir des équilibres macroéconomiques essentiels pour la nation, ancré dans la Stratégie nationale de développement et le Plan de redressement économique et social.
Des dépenses sous haute surveillance : masse salariale et subventions visées
La rationalisation des dépenses constitue le pilier central de cette démarche. Les autorités mettent un accent particulier sur la maîtrise de la masse salariale, perçue comme un impératif de soutenabilité. Pour ce faire, les plafonds d’emplois rémunérés seront fixés en fonction des effectifs réels et des recrutements gouvernementaux autorisés. Tout nouvel engagement susceptible d’impacter les salaires devra faire l’objet d’une évaluation préalable et obtenir la validation des compétences décisionnelles.
Parallèlement, une chasse aux gaspillages est lancée. La programmation des acquisitions de biens et services sera impitoyablement rigoureuse, ne retenant que les besoins jugés incompressibles. Les institutions et ministères sont priés de limiter leurs propositions budgétaires aux exigences strictes de leur fonctionnement. Une mesure encore plus significative prévoit la réduction drastique, voire la suppression totale, de certaines dépenses reconduites automatiquement chaque année sans justification suffisante, ciblant notamment le mobilier, les fournitures de bureau et le matériel informatique.
Les subventions, en particulier celles destinées au secteur énergétique, qui représente la majeure partie des transferts publics, feront l’objet d’une rationalisation approfondie. L’État entend mieux cibler les bénéficiaires et introduire des réformes structurelles. Concernant les charges courantes comme l’eau et l’électricité, les établissements publics sont formellement invités à assurer la couverture annuelle et le paiement ponctuel de leurs factures.
Priorités d’investissement et mobilisation accrue des recettes
Sur le front de l’investissement, les contraintes budgétaires dictent une stratégie claire : l’achèvement des projets en cours sera la priorité absolue avant d’envisager le financement de nouvelles initiatives. Les projets retenus devront impérativement s’aligner sur l’Agenda national de transformation et démontrer un impact économique et social significatif.
Pour augmenter ses ressources, le gouvernement mise sur plusieurs leviers. Une réforme du Code général des impôts et du Code des douanes est à l’ordre du jour, accompagnée d’une digitalisation des procédures fiscales. De nouvelles sources de revenus seront explorées à travers le renforcement de la taxation des transactions numériques, des jeux de hasard, ainsi que de l’alcool et du tabac. Les secteurs minier et pétrolier devront également contribuer davantage aux recettes de l’État. À partir de 2027, la Stratégie de recettes à moyen terme sera consolidée, privilégiant l’élargissement de l’assiette fiscale plutôt que l’augmentation des taux d’imposition, avec un objectif d’accroître la pression fiscale de 1,5 à 2 points de PIB d’ici 2030.
Ces orientations constituent une feuille de route détaillée pour l’ensemble des acteurs publics, visant à garantir que le projet de loi de finances pour 2027 s’inscrive pleinement dans la vision de redressement et de pérennité des finances publiques du Sénégal.



