Lorsque les jeunes du quartier ont aperçu des ouvriers s’activer derrière le camp du dimanche 17 août, ils ont immédiatement compris que leur terrain de football était en danger. La découverte a déclenché une vague d’inquiétude, poussant les habitants à organiser une réponse rapide afin de sauvegarder un lieu essentiel aux activités physiques et aux entraînements de l’équipe locale.
Un acte administratif au cœur du litige
Selon les riverains, une femme aurait présenté un document officiel pour justifier la construction d’une habitation sur la parcelle. Babacar Ndiaye précise que le dossier aurait été remis aux services municipaux, qui auraient ensuite invité les habitants à vérifier la légitimité du titre foncier. Oumy Sylla, présidente de l’ASC du quartier, a tenu un point de presse où elle a qualifié la situation d’« alerte » et a annoncé la détermination de la communauté à rester mobilisée si les travaux se poursuivaient.
Des précédents qui nourrissent la méfiance
Le quartier n’est pas novice face à ce type de conflit. En 2003, la population s’était opposée à un projet de morcellement du même espace et, grâce à la mobilisation de figures comme Bécaye Fall, avait réussi à préserver le terrain. Aujourd’hui, la crainte est que la simple existence d’un acte administratif suffise à faire disparaître un lieu perçu comme collectif, surtout dans une commune où les tensions liées à l’usage du sol sont déjà fortes.
Implications pour la communauté et les autorités
Les habitants réclament à la mairie une clarification du document présenté et demandent l’aménagement d’une aire de basket-ball en plus du terrain de football. Le différend rappelle le conflit entre la municipalité et la SAPCO à Saly‑Portudal, où le maire Ousmane Gueye avait sollicité l’arbitrage de l’État pour un terrain de trois hectares, envisagé soit comme centre de santé, soit comme foire commerciale. Ce contexte alimente les inquiétudes locales quant à la possible disparition du terrain sportif, essentiel pour les jeunes et les écoles du secteur.
En attendant une réponse officielle, la communauté reste sur le qui-vive, consciente que la préservation de cet espace pourrait éviter une escalade de tensions et garantir un lieu de jeu et d’éducation physique aux générations futures.



