Accueil POLITIQUE Pastef voit son « Projet » vaciller sous les hostilités parlementaires

Pastef voit son « Projet » vaciller sous les hostilités parlementaires

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Alors que le pays affronte une conjoncture économique et sociale critique, la scène législative s’est transformée en champ de bataille. Le projet avancé par le parti Pastef, censé remodeler les institutions, se heurte aujourd’hui à des dissensions qui menacent la stabilité du pouvoir exécutif et la confiance des citoyens.

Des promesses qui s’effritent

Lors des élections législatives de novembre 2024, le programme Pastef affichait deux objectifs clairs : soutenir le Président afin d’honorer les engagements pris devant les électeurs, et ériger un parlement « de rupture » débarrassé des privilèges hérités. Depuis le 10 juillet 2025, le discours du Premier ministre – alors chef du parti – a déclaré que le pays souffrait d’un manque d’autorité et qu’il fallait simplement laisser le gouvernement agir. Cette prise de parole a été interprétée comme une rupture nette avec le chef de l’État, déclenchant une série de confrontations.

Les attentes étaient élevées : le nouveau mandat devait initier un audit complet des lois datant de 1960, identifier les clauses discriminatoires et réorienter les priorités législatives vers les populations marginalisées. Au lieu de cela, aucune analyse profonde n’a été engagée, laissant le « chantier antisystème » en suspens.

Le Parlement face à ses limites

Le corps législatif dispose d’une majorité inédite, pourtant les débats budgétaires restent dominés par des procédures routinières. Chaque ministre se présente avec une équipe d’experts, tandis que les députés, souvent isolés, peinent à confronter le gouvernement de façon constructive. L’absence d’un véritable réseau d’experts à disposition des législateurs rend les échanges superficiels et alimente les querelles verbales, voire physiques.

Des incidents inhabituels ont marqué les dernières années : en 2022, la sécurité était absente de l’hémicycle; entre 2022 et 2026, deux interventions ont eu lieu, dont un coup de pied porté à une députée enceinte et l’expulsion d’un opposant majeur, Abdou Mbow. Ces scènes, largement relayées sur les réseaux, illustrent une escalade de la violence politique qui n’était jamais observée depuis six décennies.

Par ailleurs, le débat sur la fiscalité des parlementaires reste en suspens. Une polémique entre le président de l’Assemblée et le commentateur Soya Diagne a mis en lumière l’opacité du système d’imposition des élus, sans aboutir à une réforme concrète.

Perspectives et enjeux

Si les réformes promises ne voient pas le jour, le risque est une perte de légitimité du Parlement aux yeux du peuple. Les Sénégalais, déjà confrontés à des défis économiques majeurs, pourraient percevoir ces luttes comme une distraction qui retarde les solutions indispensables.

En définitive, le « Projet » Pastef se trouve à la croisée des chemins : soit il réussit à réinventer le cadre législatif, soit il s’enlise dans des querelles internes, laissant le pays sans direction claire.

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