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Conseil constitutionnel torpille la proposition de crédits spéciaux du Parlement, fragilisant la majorité

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Le rejet inattendu du texte sur les crédits spéciaux par la haute juridiction a créé une onde de choc au sein de la majorité parlementaire, qui voit son projet budgétaire remis en question à quelques semaines du vote des lois de finances.

Une règle de séparation remise en cause

Dans la Décision n° 7/C/2026, rendue le 25 août 2026 à la demande du Premier ministre, le Conseil constitutionnel a estimé que la proposition de loi n° 36/26 empiétait sur le pouvoir réglementaire. Selon la Constitution, l’Assemblée nationale ne peut voter que les principes généraux, tandis que les modalités d’exécution et de gestion quotidienne sont réservées au Gouvernement. En voulant détailler l’engagement, le paiement et le contrôle des crédits spéciaux, les députés sont entrés dans un champ d’action qui, selon les juges, appartient exclusivement à l’exécutif.

Le rappel du cadre législatif

Le texte a également été jugé non conforme au article 67, alinéa 3 de la Constitution, qui confie la création et le régime juridique des catégories de dépenses publiques à une loi organique, la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances). En tentant de réorganiser ces crédits via une loi ordinaire, la majorité a contourné la procédure prévue, ce qui a conduit les « Sages » à déclarer l’ensemble de la proposition irrecevable.

Conséquences pour le budget sénégalais

Ce revirement impose aux parlementaires de revoir leurs stratégies de financement. Sans la possibilité d’encadrer les crédits spéciaux, le gouvernement devra trouver d’autres leviers pour garantir la liquidité des projets prioritaires. L’incident pourrait également renforcer le rôle de contrôle du Conseil constitutionnel, rappelant que la frontière entre législation et réglementation ne peut être floue.

Au final, la décision du Conseil constitutionnel ne se limite pas à un simple rejet juridique : elle signale aux acteurs politiques que toute tentative de redéfinir les règles budgétaires doit respecter scrupuleusement la hiérarchie constitutionnelle. Les prochains débats parlementaires devront donc s’articuler autour d’une conformité stricte aux exigences organiques, sous peine de voir leurs initiatives à nouveau bloquées.

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