Accueil POLITIQUE Babacar Ba met Diomaye Faye sous pression après un rapport américain cinglant

Babacar Ba met Diomaye Faye sous pression après un rapport américain cinglant

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L’arrivée au pouvoir du président Bassirou Diomaye Faye a été portée par une vague d’espoir, promettant une rupture et une ère de redevabilité exemplaire. Pourtant, cette aspiration est déjà confrontée à un défi de taille. Un rapport du Département d’État américain, qui place le Sénégal dans la catégorie des nations ne respectant pas les critères élémentaires de clarté dans la gestion de ses finances publiques, met en lumière des lacunes persistantes. Face à ce constat, Babacar Ba, figure engagée et président du Forum du justiciable, sonne l’alarme, adressant directement au chef de l’État un appel pressant : « Monsieur le Président de la République, notre pays souffre d’un grave déficit de transparence ».

Les zones d’ombre persistantes et l’alerte de Babacar Ba

L’évaluation récente des États-Unis n’est pas une nouveauté pour le Sénégal, déjà concerné par des constats similaires, notamment lors de l’examen de l’exercice 2023. Le diagnostic est clair : des insuffisances marquées concernant l’accessibilité, l’exhaustivité et la fiabilité des documents budgétaires sont pointées du doigt. De plus, la visibilité des processus d’attribution des contrats et des licences d’exploitation pour les ressources naturelles est jugée précaire. Babacar Ba, ancien vice-président de l’OFNAC, ne dissimule pas son absence de surprise face à ces conclusions. Pour lui, la publication et le suivi des données financières pâtissent de carences structurelles. Il met notamment en lumière l’état des rapports de la Cour des comptes et de l’Inspection générale d’État, qu’il estime ne pas être à jour, créant un vide préjudiciable à la surveillance financière.

Fonds politiques et ressources naturelles : les questions brûlantes

Au-delà des constats généraux, des questions spécifiques exigent une réponse immédiate de l’administration Diomaye Faye. La gestion des fonds politiques, en particulier, focalise l’attention, car elle est un test grandeur nature de l’engagement présidentiel en faveur de l’intégrité. Ces crédits, dont le montant a connu une croissance vertigineuse, passant de 650 millions de FCFA sous Abdou Diouf à 8 milliards sous Abdoulaye Wade, avec des dépenses réelles culminant à 108 milliards entre 2008 et 2012, posent la question cruciale de leur traçabilité et de la rigueur de leur utilisation. L’enjeu dépasse la simple existence de ces dotations ; il réside dans la clarté de leur dépense. Par ailleurs, Babacar Ba soulève des inquiétudes sérieuses concernant les recettes pétrolières. Il s’interroge sur l’enregistrement des montants en numéraire revenant à l’État, craignant qu’ils n’apparaissent pas dans les déclarations officielles. De même, la juste affectation des fonds au Fonds intergénérationnel, destiné à garantir une épargne pour l’avenir, demeure une zone d’interrogation, renforçant la nécessité d’une surveillance accrue.

La question de la dette publique ajoute une couche de complexité à ce tableau. Bien que la Cour des comptes n’ait pas employé l’expression de « dette cachée » dans son rapport, les inquiétudes exprimées par le FMI, évoquant une « décision très consciente de sous-estimer le stock de la dette » et une possible « intention explicite de dissimulation de certains engagements », ne peuvent être ignorées. Pour le Sénégal, l’heure n’est plus aux promesses isolées, mais à l’action concrète pour bâtir une confiance durable. Le président Bassirou Diomaye Faye, dont le mandat est fondé sur l’exigence de redevabilité, est désormais appelé à démontrer, par des mesures tangibles et une volonté politique inébranlable, que l’ère des zones d’ombre est révolue et que la clarté financière sera la marque de son gouvernance.

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