La capitale du Rail, Thiès, a vécu un lundi noir, le 20 août, frappée par une tempête d’une rare violence. Au-delà des images impressionnantes d’arbres arrachés et de quartiers inondés, le bilan matériel s’annonce exorbitant, plongeant la communauté locale dans une sérieuse inquiétude. L’évaluation préliminaire des dommages laisse présager une facture qui pourrait atteindre près d’un milliard de FCFA, un coup dur pour l’économie régionale et la vie quotidienne de ses habitants.
Des infrastructures bousculées, un environnement transformé
Les bourrasques furieuses qui ont balayé Thiès n’ont épargné ni les édifices ni la végétation. Ousseynou Masserigne Guèye, responsable de la communication de la mairie, a détaillé l’étendue des ravages. Plusieurs caïlcédrats, des arbres emblématiques et majestueux de la cité, ont été brutalement déracinés. Leurs chutes ont endommagé des véhicules garés et provoqué l’effondrement de portions de murs, témoignant de la force des éléments naturels. Les infrastructures essentielles n’ont pas été épargnées : de nombreux poteaux électriques ont été renversés, plongeant des secteurs entiers dans l’obscurité et perturbant l’alimentation en courant.
L’impact s’est également fait sentir sur le patrimoine éducatif. Le Centre d’Enseignement Moyen (CEM) El Hadji Malick Sy a vu deux de ses salles de classe subir des dégâts importants après la chute d’un grand caïlcédrat. Heureusement, ces espaces étaient vides au moment de l’incident, évitant ainsi un drame humain.
Conséquences économiques et humaines : quand la nature frappe le quotidien
Si les arbres et les bâtiments ont payé un lourd tribut, l’activité économique et le bien-être des Thiessois ont été directement touchés. Le marché central de la ville a été submergé par les eaux, transformant les allées commerçantes en véritables torrents. Plusieurs magasins ont été envahis, causant des pertes considérables pour les détaillants qui ont vu leurs marchandises réduites à néant ou gravement abîmées. Pour de nombreuses familles, déjà fragilisées, l’inondation a signifié la perte d’une partie de leur cheptel, un pilier économique important dans certaines communautés.
Un incident particulièrement poignant rapporté par le responsable municipal est l’électrocution d’une jument, retrouvée sans vie dans les eaux stagnantes. Ce drame symbolise la vulnérabilité des êtres vivants face à la puissance d’une telle catastrophe.
La Senelec à pied d’œuvre face à un défi financier majeur
Face à l’urgence, la Senelec a rapidement dépêché ses équipes pour restaurer le réseau électrique. Cependant, la tâche s’annonce complexe et coûteuse. Ousseynou Masserigne Guèye, s’exprimant sur les ondes de la Rfm, n’a pas mâché ses mots : « Les dégâts matériels sont inestimables », a-télé déclaré, avant d’avancer une estimation qui glace le sang, frôlant le milliard de francs CFA. Cette somme colossale souligne l’ampleur des travaux de réhabilitation nécessaires et pose la question de la résilience des infrastructures urbaines face aux événements climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents. La ville de Thiès se trouve désormais face à un immense défi de reconstruction et de soutien aux populations affectées.



