Une escadrille de six individus armés a pris le contrôle d’un navire transportant du pétrole, déclenchant une nouvelle vague d’inquiétude pour les routes maritimes de la région. Le bateau, identifié sous le nom de SEAMULL – également appelé SIBU 1 – a été détourné à environ 136 milles nautiques (250 km) au large d’Al‑Mukalla, dans le sud du Yémen, et se dirige maintenant vers les côtes de la Somalie.
Une prise d’otage au cœur d’une zone sanctionnée
Les autorités maritimes britanniques (UKMTO) et le centre de sécurité maritime de l’océan Indien (MSCIO), rattaché à la force européenne Atalante, ont confirmé que le pétrolier était visé par des mesures restrictives imposées par Washington en décembre dernier. Ces sanctions visent la « flotte fantôme » iranienne, accusée d’acheminer du naphta et du gazole provenant de l’Iran via des itinéraires détournés. Le propriétaire du navire, la société Qatrat Alnada Almasi Ship Management, basée aux Émirats arabes unis, figure parmi les quatre embarcations reconnues pour leurs fréquentes escales dans les ports yéménites contrôlés par les Houthis.
Le renouveau de la piraterie somalienne
Après un pic en 2011, les actes de piraterie au large de la Somalie avaient fortement reculé grâce à la présence de forces navales internationales, à la création d’une police maritime entraînée par l’Union européenne dans le Puntland et à l’adoption de mesures préventives par les armateurs (routes éloignées, vitesses accrues, dispositifs anti‑abordage, gardes armés). Cependant, depuis la mi‑avril, les attaques reprennent le long de la côte nord‑est du Puntland, un territoire historiquement dépourvu d’autorité centrale et où les communautés de pêcheurs, privées de prises par des chalutiers étrangers, ont renoué avec la piraterie née au début des années 2000.
À ce jour, au moins cinq navires restent sous le contrôle de groupes armés somaliens, le dernier ayant été capturé lundi dernier près du Puntland. Cette résurgence soulève de nouvelles questions sur la capacité des forces internationales à contenir une menace qui combine à la fois des enjeux géopolitiques (sanctions contre l’Iran) et des dynamiques locales de pauvreté et de désespoir.
Le destin du SEAMULL pourrait bien devenir le baromètre d’une région où les enjeux économiques, sécuritaires et politiques se croisent, rappelant que la stabilité des routes maritimes reste un pilier crucial pour le commerce mondial.



