Alors que le Sénégal se trouve à la croisée des débats sociétaux, un groupe de plus d’une centaine d’associations a décidé de pousser les autorités à clarifier une décision judiciaire qui a laissé de nombreux observateurs perplexes.
Une mobilisation massive du secteur associatif
Le 18 août 2026, le porte‑voix du collectif, Imam Babacar Sylla, a conduit une délégation devant le garde des sceaux, Me Moussa Sarr. Le rassemblement, nommé Ànd Sàmm Jikko Yi, regroupe exactement cent‑seize associations qui œuvrent dans les domaines de la famille, de l’enfance et de la moralité publique. Au programme de la rencontre, la question de l’homosexualité, la défense du cadre familial, la protection de l’enfance et la lutte contre la prostitution. Le groupe a également salué le récent renforcement législatif visant les « actes contre nature », adopté par l’Assemblée nationale.
Les enjeux juridiques du dossier Pikine‑Guédiawaye
Le point d’orgue de la réunion a été la remise en cause du non‑lieu prononcé à l’encontre de vingt‑huit individus dans le dossier Pikine‑Guédiawaye. Le collectif estime que cette décision risque d’alimenter la désapprobation d’une partie de la population. Il a annoncé l’envoi imminent d’un mémorandum à la chancellerie afin d’obtenir davantage de précisions. En réponse, le garde des sceaux a rappelé que la justice concerne tous les citoyens et a réaffirmé l’engagement du gouvernement à appliquer les dispositions du code pénal relatives à l’homosexualité, qu’il qualifie de priorité nationale. Concernant le cas précis, il a indiqué que le parquet avait fait appel du non‑lieu partiel et que l’affaire était désormais renvoyée à la chambre d’accusation, qui statuera sur la suite de la procédure.
Cette rencontre illustre la tension croissante entre les mouvements conservateurs et les institutions judiciaires, tout en mettant en lumière la capacité du secteur associatif à influencer les décisions publiques. Les prochains développements, notamment la réaction de la chambre d’accusation, seront déterminants pour mesurer l’impact de cette pression sur la politique judiciaire sénégalaise.



