La scène politique sénégalaise est en pleine effervescence. Moins d’un mois après sa fondation officielle, le parti présidentiel Kiiraay se trouve au cœur d’un débat institutionnel majeur. Daba Code Ndiaye, une responsable politique nationale et membre fondatrice de cette nouvelle formation, a formulé une requête audacieuse : la dissolution de l’Assemblée nationale par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette prise de position, exprimée le 18 août 2026 dans un communiqué, s’accompagne d’un reproche appuyé envers Ousmane Sonko, intensifiant la fracture déjà visible au sommet de l’État.
L’Appel à une Réponse Institutionnelle Forte
Daba Code Ndiaye, une femme politique expérimentée ayant précédemment dirigé le Mouvement national « Essentiel » et été responsable de l’APR à Sicap depuis 2010, n’hésite pas à se montrer critique. Son exigence de dissoudre l’Assemblée nationale n’est pas inconditionnelle, elle est liée à une éventuelle impossibilité de garantir le fonctionnement normal des institutions. Selon Kiiraay, certaines démarches récentes, notamment celles concernant les fonds politiques et des initiatives parlementaires évoquées par Ousmane Sonko, pourraient menacer les prérogatives constitutionnelles du président de la République.
Native de Ndiaganiao et basée à Mbour, Daba Code Ndiaye s’affiche comme une partisane ardente de la transparence et de la reddition des comptes. Elle insiste sur la nécessité d’un contrôle rigoureux et impartial des ressources, tout en défendant le respect strict de la séparation des pouvoirs. Pour elle, une majorité parlementaire ne saurait, selon les informations rapportées par Rewmi, s’affranchir des règles constitutionnelles en vigueur. Une telle prise de parole, venant de l’intérieur du cercle présidentiel, révèle la profondeur des divergences actuelles.
Fragilité Parlementaire et Rupture Assumée
Cet appel à une mesure institutionnelle d’envergure s’inscrit dans un contexte de rupture politique officialisée entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko. Le 25 juillet 2026, la création du parti Kiiraay lors d’une cérémonie significative à l’hôtel King Fahd, à Dakar, marquant la fusion de 437 partis et mouvements, avait déjà scellé cette séparation. Cette initiative présidentielle a ouvert la voie à une nouvelle configuration politique, mais non sans heurts.
Les enjeux d’une dissolution sont considérables. Thérèse Faye Diouf a d’ailleurs mis en garde contre le risque de ne pas obtenir une nouvelle majorité, déclarant : « Dissoudre l’Assemblée nationale pour être encore minoritaire ! » Ce scénario pourrait paradoxalement affaiblir davantage la position parlementaire du chef de l’État. Parallèlement, l’APR dénonce un « débauchage » d’élus par Kiiraay et exige la perte automatique de leur mandat, accusant le pouvoir de tenter de construire artificiellement des majorités. La recomposition de l’équilibre parlementaire est donc au cœur des tensions, jetant une ombre sur la stabilité des institutions du Sénégal.


