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Bakary Ndiaye : « Produit malsain n’est pas toxique », la révélation qui interpelle Dakar

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L’ère numérique a transformé chaque doléance de consommateur en une alerte publique potentielle, forgeant une perception de dangers alimentaires généralisés à Dakar. Face à cette inquiétude croissante, Bakary Ndiaye, qui dirige la Division de la consommation et de la sécurité des consommateurs, apporte un éclairage indispensable. Il insiste sur la nécessité de comprendre précisément ce qui constitue une menace, en soulignant une distinction fondamentale souvent négligée par le grand public.

Les Coulisses d’un Contrôle Sous Pression

Le cadre officiel mis en place pour garantir la salubrité des produits finissant sur les tables sénégalaises est complexe. Pour les productions nationales, une Autorisation de Fabrication (FRA) est exigée, accordée uniquement après des analyses en laboratoire rigoureuses. À l’inverse, les denrées importées requièrent une Déclaration d’Importation (DIPA) avant toute mise sur le marché. Une fois les articles en circulation, une brigade nationale entre en jeu pour la surveillance post-commercialisation. Cette supervision cible prioritairement les grands importateurs et les supermarchés. Cependant, comme le fait remarquer M. Ndiaye, les interventions dans les petits commerces de proximité, tels que les boutiques de quartier, ne sont généralement déclenchées que « sur signalement ». Cette approche sélective révèle une certaine fragilité dans la couverture complète du réseau de distribution. Par ailleurs, un défi majeur provient des produits locaux qui passent directement des champs aux étals, échappant ainsi à toute forme de contrôle formel. Les conditions d’hygiène précaires dans certains points de vente contribuent également à la détérioration des provisions.

Au-delà du Toxique : Comprendre la Nuance pour Agir

Alors que les réseaux sociaux peuvent donner l’impression d’une invasion croissante de produits impropres, Bakary Ndiaye contextualise la situation, affirmant que ce phénomène a toujours existé, mais qu’il est aujourd’hui simplement plus visible grâce à la communication. Son message essentiel insiste sur la clarté : « Il faut distinguer produit de mauvaise qualité et produit malsain. » Un « produit malsain », caractérisé par un excès de sucre, de sel ou de matières grasses, n’est pas intrinsèquement toxique, mais devient dangereux par une consommation excessive. Il illustre cela avec un exemple frappant : la norme sénégalaise autorise jusqu’à 55 % de sel dans un bouillon. Or, si l’on ajoute à cela du sel de table ou des ingrédients traditionnels comme le kéthiakh, le plat peut devenir excessivement salé. La source du problème, souligne-t-il, réside souvent dans « les habitudes culinaires ». Malgré ces limites systémiques, les autorités font preuve de fermeté. Récemment encore, le 30 juillet, le ministère de l’Industrie et du Commerce a annoncé le retrait de 30 672 canettes de boisson gazeuse BX, 888 bouteilles de BEST et 5 148 sachets de couscous DALIA, toutes ces actions faisant suite à des alertes publiques. Une procédure contentieuse a été ouverte contre le commerçant mis en cause.

Assurer une sécurité alimentaire robuste pour les consommateurs au Sénégal exige une double approche : un perfectionnement continu des mécanismes de contrôle et une population informée. L’enjeu ne se limite pas à retirer des articles manifestement dangereux, mais aussi à sensibiliser les citoyens aux pratiques alimentaires plus saines et à distinguer les différents types de problèmes liés aux denrées. Le numéro vert dédié, 800 80 77 77, demeure un canal essentiel pour la participation citoyenne à cet effort collectif de maintien des standards de santé publique.

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