Le 27 juillet 2026, l’hôtel Terrou-bi de Dakar accueillait un événement littéraire qui allait rapidement déraper. Ce forum, initialement conçu pour explorer les enjeux géopolitiques du Sahara marocain, s’est transformé en théâtre d’une vive confrontation diplomatique. Loin d’une simple discussion académique, une altercation inattendue a éclaté, révélant la persistance des tensions régionales.
Une joute verbale au cœur de la capitale
L’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Hassan Naciri, y présentait son ouvrage intitulé « Sahara marocain : enjeux géopolitiques d’une question majeure pour le Maroc ». Préfacé par l’ancien Premier ministre sénégalais Moustapha Niasse, le livre de 322 pages, publié aux Éditions L’Harmattan, avait réuni une assemblée de diplomates, d’universitaires et d’anciens responsables politiques. Cependant, une joute verbale enflammée s’est déclenchée entre Cheikh Tidiane Gadio, ancien chef de la diplomatie sénégalaise, et le représentant de la Mauritanie au Sénégal.
Le cœur de leur désaccord résidait, selon L’Opinion, dans les récits historiques et les défis liés au Sahara, une zone stratégique. L’appel au sang-froid de l’ambassadeur Naciri n’a pu dissimuler les dissensions profondes mises à nu par ce débat. La présence de Gadio, avec son passé ministériel influent, a conféré un poids particulier à cet affrontement public, soulignant la gravité du moment.
Le Sahara, un point de friction persistant
Comme l’a relevé Jeune Afrique, cette confrontation a ravivé une longue friction diplomatique latente entre Nouakchott et Rabat. Le Sahara demeure un sujet extrêmement sensible, capable d’embraser les relations bilatérales malgré les efforts pour maintenir une façade d’harmonie. L’événement, organisé à l’occasion du 27e anniversaire de l’accession au trône du roi Mohammed VI, ajoutait au symbolisme et à l’importance de la manifestation, rendant l’incident encore plus inattendu et médiatisé.
L’éclat de cette discorde à Dakar dépasse la simple querelle protocolaire. Il interroge la capacité des nations africaines à apaiser les cicatrices du passé et à promouvoir un dialogue serein sur des sujets épineux. Cet incident est un rappel que même dans les cercles les plus formels de la diplomatie, les réalités des enjeux territoriaux et les récits historiques peuvent briser le fragile équilibre, exigeant une vigilance constante de la part des acteurs régionaux.



