La scène politique sénégalaise est secouée par une controverse brûlante : l’éventualité d’un retour au mandat présidentiel de sept ans. Une proposition lancée par certains cadres du mouvement Kiiraay a allumé la mèche, et les réactions ne se sont pas fait attendre. Au cœur de cette tempête, Moundiaye Cissé, figure emblématique de la société civile en tant que directeur exécutif du Collectif des organisations de la société civile pour les élections (COSCE), a exprimé un rejet catégorique, voyant dans cette initiative une attaque directe contre la volonté populaire.
L’indignation de la société civile face à une “farce politique”
Le débat, loin de s’apaiser, s’intensifie. Moundiaye Cissé n’a pas mâché ses mots pour critiquer l’idée d’un septennat, la qualifiant de « véritable farce » et de « faute politique majeure ». Sa prise de position est claire : remettre en question la durée actuelle du quinquennat équivaut à un affront envers les citoyens sénégalais. Pour le responsable du COSCE, une telle démarche serait « une insulte aux Sénégalaises et aux Sénégalais », soulignant un mépris manifeste pour la souveraineté populaire et les fondements démocratiques établis dans le pays. Il s’agit, selon lui, de dévaloriser des avancées durement acquises par la nation.
Les arguments des partisans du septennat
Face à cette opposition virulente, les initiateurs de la réforme, dont Baye Mayoro Diop, maintiennent leur position. Leur argument principal repose sur la nécessité d’octroyer au chef de l’État un laps de temps plus conséquent pour mener à bien ses ambitions politiques. Ils estiment qu’un mandat de sept ans serait plus propice à la mise en œuvre de stratégies publiques profondes, permettant ainsi de mieux aborder les défis socio-économiques complexes et de renforcer l’optimisation des ressources nationales. La proposition suggère même l’organisation d’un référendum pour valider ce changement constitutionnel, dans l’espoir que le peuple entérine cette nouvelle direction.
Un enjeu démocratique pour l’avenir du Sénégal
Cette joute verbale autour du septennat ne se limite pas à une simple divergence d’opinions ; elle touche au cœur des principes démocratiques du Sénégal. Le quinquennat, fruit d’un consensus et de réformes passées, est perçu par beaucoup comme une garantie de la vitalité démocratique et un rempart contre d’éventuels glissements autoritaires. La tentative de le modifier, même par voie référendaire, réactive la vigilance de la société civile qui craint une remise en cause des acquis. L’issue de ce débat houleux déterminera non seulement la durée du prochain mandat présidentiel, mais aussi, et surtout, la perception de la maturité démocratique du Sénégal sur la scène nationale et internationale.



