Une décision qui secoue les fondements de la justice en Guinée-Bissau : le juge d’instruction du tribunal militaire régional, Mamadú Embaló, a déclaré nul et non avenu le jugement n° 21/2026 rendu par la Chambre criminelle de la Cour suprême de justice (STJ). Cette ordonnance, datée du 27 juillet 2026, fragilise la position de la Cour suprême dans l’affaire de la tentative de coup d’État présumée d’octobre 2025.
Une question de compétence et de hiérarchie judiciaire
Selon Mamadú Embaló, le Tribunal militaire supérieur est l’équivalent de la Cour d’appel dans le système judiciaire ordinaire. Par conséquent, la Chambre criminelle de la Cour suprême ne pouvait statuer directement sur l’appel, ce qui rend le jugement n° 21/2026 entaché d’irrégularité et juridiquement nul. Le juge a ordonné le renvoi du dossier vers le Tribunal militaire supérieur, qu’il considère comme l’instance compétente pour examiner l’appel.
Contexte : l’affaire du putsch de 2025
Cette décision intervient quelques jours seulement après que la Cour suprême de justice a révoqué la détention provisoire de quatre accusés dans la même affaire. Leur libération avait été ordonnée par la STJ, qui avait estimé que le Tribunal militaire supérieur n’était pas compétent pour juger l’affaire et relevé des irrégularités procédurales. Au cœur du dossier reste le président du PAIGC, Domingos Simões Pereira, désigné comme suspect dans la tentative de coup d’État présumée d’octobre 2025.
La bataille judiciaire illustre les tensions institutionnelles et les fragilités de la séparation des pouvoirs en Guinée-Bissau. La décision de Mamadú Embaló ajoute une nouvelle couche de complexité à cette affaire, mettant en lumière les défis de la justice dans ce pays. Les conséquences de cette décision seront à suivre de près, car elles pourraient avoir un impact significatif sur l’équilibre des pouvoirs en Guinée-Bissau.



