La scène politique sénégalaise est en effervescence, agitée par des questionnements incessants sur la gouvernance actuelle. Dans ce contexte tendu, la voix de l’Imam Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi, ancien inspecteur de l’Éducation à Fatick, a résonné avec force. Le religieux adresse une interpellation cinglante à PASTEF, l’exhortant à revendiquer sans délai un gouvernement de cohabitation. Cette prise de position audacieuse, publiée par le média Exclusif, met une pression considérable sur le parti d’Ousmane Sonko et bouscule les dynamiques établies avec le président Bassirou Diomaye Faye.
L’ultimatum pour une cohabitation immédiate
Au cœur de l’intervention de Serigne Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi se trouve une exigence claire : PASTEF ne doit faire « aucun cadeau » au président Diomaye Faye. L’Imam appelle le parti majoritaire à l’Assemblée nationale à utiliser pleinement sa position pour contraindre l’exécutif à nommer un Premier ministre et des ministres issus de ses propres rangs. Pour lui, la cohabitation, déjà évoquée dans le débat public, doit se concrétiser « immédiatement ». Il va même plus loin, suggérant que si le chef de l’État décidait de dissoudre l’Assemblée nationale, la participation de PASTEF au pouvoir devrait être subordonnée à la nomination d’un chef de gouvernement issu de leur formation politique. En l’absence de dissolution, il exhorte les députés à déposer une motion de censure contre l’actuel gouvernement dirigé par Al Amin Lô, estimant qu’il est « légal et légitime que le gouvernement vienne de la majorité claire ».
Les griefs contre la présidence Diomaye
L’argumentaire de l’Imam Ndiaye repose sur une critique acerbe de la gestion présidentielle. Il reproche à Bassirou Diomaye Faye de faire fi de la majorité parlementaire de PASTEF, une situation qu’il juge « abusif ». Selon lui, cette primauté législative n’a produit « aucun effet concret » jusqu’à présent, et le président agirait de manière à « torpiller » des initiatives clés du parti, comme la proposition de révision constitutionnelle, en invoquant le Conseil constitutionnel. Le religieux va jusqu’à affirmer que Diomaye Faye « est prêt à tous les coups bas pour avoir un deuxième mandat », ce qui justifierait une réaction ferme et instantanée de PASTEF. L’Imam rappelle avec insistance que PASTEF a remporté seul les élections présidentielle et législatives, soulignant l’incohérence entre ce mandat populaire et la composition actuelle du gouvernement.
Cette sortie de l’Imam Cheikh Ibra Ndiaye Sunniyi intervient alors que la question de la cohabitation agite déjà la sphère politique, comme en témoignent les analyses du colonel Doudou Sall ou les appels à l’unité lancés par Maïmouna Dièye en novembre 2025. En sommant Ousmane Sonko, en tant que président de l’Assemblée nationale, d’user de son pouvoir pour censurer un exécutif non issu de PASTEF, l’Imam pose un dilemme majeur pour le parti au pouvoir. Ses propos ravivent le débat sur la répartition des rôles et des pouvoirs, et pourraient inciter à une redéfinition urgente des relations entre l’Assemblée nationale et la présidence, impactant profondément l’avenir politique du Sénégal.



