La course à la succession au poste de Secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU) vient de connaître un rebondissement majeur. L’Ouganda a formellement introduit la candidature d’Olara Otunnu, ajoutant un second poids lourd africain à la liste des prétendants et compliquant l’ambition de l’ancien président sénégalais Macky Sall, qui espérait être le choix consensuel du continent.
Un parcours onusien incomparable, un défi direct
Le vendredi 24 juillet 2026, la Mission permanente de l’Ouganda auprès des Nations unies a déposé le dossier d’Olara Otunnu. Loin d’être un novice, cet éminent diplomate jouit de plus de quatre décennies d’engagement au cœur du système onusien et des cercles diplomatiques mondiaux. Son CV est impressionnant : ancien secrétaire général adjoint de l’ONU, il a également été le tout premier Représentant spécial dédié à la cause des enfants et des conflits armés, une fonction qu’il a exercée de 1998 à 2005. Durant cette période, il a significativement contribué à ancrer la protection des jeunes victimes de guerre au sein des priorités du Conseil de sécurité. On lui doit notamment l’initiation du dispositif de surveillance et de vérification qui, instauré par la résolution 1612 de 2005, demeure actif aujourd’hui. Entre 1980 et 1985, il a représenté l’Ouganda en tant qu’ambassadeur aux Nations unies, en plus d’avoir occupé le portefeuille des Affaires étrangères de son pays et d’avoir présidé l’Académie internationale de la paix, rebaptisée Institut international de la paix.
Kampala mise sur l’expérience, Sall face à une nouvelle donne
Le soutien de Kampala à M. Otunnu est fondé sur ce que le gouvernement ougandais qualifie de « l’étendue de son expérience, son sens politique et sa capacité à bâtir un consensus ». Ces compétences sont perçues comme cruciales pour diriger l’Organisation à une période marquée par une multitude de crises internationales. L’arrivée d’Olara Otunnu dans cette compétition transforme radicalement la donne pour Macky Sall. L’ancien dirigeant sénégalais, dont la candidature était jusque-là présentée comme l’option africaine principale, se retrouve désormais face à un concurrent doté d’une expérience opérationnelle onusienne approfondie et reconnue. Cette dynamique pourrait potentiellement fragmenter les soutiens du continent et obliger les États africains à une réflexion stratégique sur leur représentation au plus haut niveau de la gouvernance mondiale.
L’affrontement entre ces deux figures d’envergure promet une bataille diplomatique intense, non seulement sur le plan international, mais aussi au sein même de l’Union africaine. L’émergence d’Olara Otunnu rééquilibre la course, forçant les observateurs à reconsidérer les chances et les stratégies des différents candidats, et particulièrement celles de Macky Sall.



