Alors que la communauté mouride se prépare au Grand Magal 2026, la Société africaine de raffinage (SAR) a tenu à marquer sa présence auprès du Khalife général. Ce geste de solidarité, traditionnellement observé par les entités étatiques, prend cette année une résonance particulière, intervenant dans un contexte où l’entreprise est elle-même engagée dans un bras de fer judiciaire d’envergure.
Offrande spirituelle et appel à la cohésion
Habib Diop, directeur général de la SAR, s’est déplacé ce jeudi 23 juillet 2026 pour rencontrer Serigne Mountakha Mbacké, le Khalife général à Touba. L’objet de cette audience était la remise d’un soutien en nature, un « appui pour aider le khalife à faire face à certaines charges liées au Magal », selon les propres termes de M. Diop. Il a décrit cette contribution comme « symbolique », tout en soulignant l’importance pour les sociétés publiques et parapubliques, considérées comme des prolongements directs de l’État, de participer activement à l’organisation de rassemblements d’une telle ampleur.
Au-delà de cette aide matérielle, le patron de la SAR a profité de l’occasion pour formuler une requête spirituelle essentielle. Il a sollicité des prières ferventes destinées au chef de l’État. « Nous sommes venus demander des prières pour que le chef de l’État réussisse toutes ses missions, et cela passe par la préservation de la stabilité et de la cohésion sociale », a-t-il affirmé, liant directement l’efficacité des actions présidentielles à la paix sociale, une préoccupation majeure dans le paysage politique actuel.
L’ombre d’un contentieux gazier plane sur l’entreprise
Cette manifestation de courtoisie et de soutien religieux pour le Grand Magal 2026 survient alors que la Société africaine de raffinage est aux prises avec un contentieux juridique délicat. En mai 2026, l’entreprise s’est retrouvée face aux accusations de Touba Oil, une société dirigée par Djiby Sèye. Cette dernière reproche à la SAR d’avoir mis un frein à un ambitieux projet de terminal gazier.
Le litige porte précisément sur l’occupation d’une zone cruciale servant au passage de pipelines. Touba Oil, estimant avoir subi un préjudice, exige un milliard de francs CFA en guise de dommages et intérêts. La SAR, quant à elle, rejette fermement ces allégations, ouvrant ainsi un bras de fer dont l’issue pourrait avoir des implications significatives pour les deux parties et le secteur énergétique national.
Dans ce contexte complexe, l’initiative de la SAR à Touba peut être perçue comme un rappel de son rôle social et de sa quête de soutien, spirituel ou politique, pour traverser une période marquée par des défis opérationnels et judiciaires. La demande de prières pour la stabilité nationale résonne d’autant plus fort que l’entreprise doit elle-même trouver son équilibre au milieu des turbulences.



