La douleur n’a pas de date d’expiration, et pour les proches des personnes ayant subi les violences politiques au Sénégal, elle vient d’être ravivée avec une force particulière. L’entrevue du 17 juillet 2026 entre le président Diomaye Faye et son prédécesseur Macky Sall, perçue par certains comme un geste d’apaisement et de continuité républicaine, a eu l’effet inverse sur un collectif de familles endeuillées, dont les revendications de justice demeurent insatisfaites.
Une Rencontre Symbolique, Un Profond Malaise
Ce tête-à-tête diplomatique, organisé le 17 juillet 2026, marquait une nouvelle étape dans les relations entre l’ancien chef d’État et son successeur. Si pour la sphère politique, il pouvait s’agir d’une affirmation de la stabilité institutionnelle, pour les familles des victimes de la répression, ce moment a déclenché une vague d’indignation. Loin d’apaiser les tensions, cette image de cordialité entre les deux hommes a été perçue comme un affront, ravivant le souvenir amer des événements tragiques qui ont émaillé le paysage politique sénégalais ces dernières années.
L’Exigence Inflexible d’une Réparation Légale
Pour les parents des sinistrés, dont beaucoup attendent des réponses depuis des mois, voire des années, l’objectif principal reste inchangé : l’établissement de la vérité et la responsabilisation des auteurs. Les collectifs de victimes ne cessent de rappeler leur impératif catégorique : obtenir justice. Ils exigent sans relâche que des enquêtes approfondies soient menées, que les coupables soient identifiés et que les victimes reçoivent la reconnaissance et la réparation qu’elles méritent. Cette aspiration n’est pas seulement personnelle, elle est vue comme une condition fondamentale pour une véritable cicatrisation des plaies nationales.
Les Enjeux d’une Réconciliation Sans Oubli
La réaction virulente des familles met en lumière un dilemme crucial pour l’administration de Diomaye Faye. Comment bâtir une ère de réconciliation et d’unité nationale tout en honorant la quête légitime de justice pour les événements passés ? Cette tension entre le désir d’aller de l’avant et la nécessité de solder les comptes du passé représente un défi majeur. La crédibilité des institutions et la cohésion sociale à long terme pourraient dépendre de la capacité du nouveau régime à adresser ces préoccupations profondes, en conciliant les impératifs politiques et les droits fondamentaux des citoyens.



