Quand la haine est libre : corps exhumé et brûlé, qui sont les responsables de ces actes ?

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Après son décès, la dépouille de Ch. Fall a été transportée à Touba en vue de son inhumation. Cependant, un obstacle majeur est survenu : les préposés du cimetière Bakhiya ont catégoriquement refusé de procéder à l’enterrement, après avoir été informés de l’acheminement du corps depuis Kaolack.

Face à ce refus, la délégation en charge des obsèques est retournée à Kaolack et s’est dirigée vers Ndangane, où l’inhumation devait avoir lieu au domicile du défunt, connu comme une maison de débauche. Mais là encore, les habitants du quartier ont opposé une résistance ferme, refusant que la dépouille soit enterrée sur place.

Finalement, le corps de Ch. Fall a été transporté, de nuit, au cimetière de Léona Niassène, où il a été inhumé. Mais l’apaisement n’aura duré que quelques heures. Informés, des habitants de Léona se sont rendus sur place, ont exhumé puis brûlé le corps, accusant le défunt d’homosexualité. Dans la nuit du 28 octobre 2023, sous les cris d’une foule surexcitée et les téléphones brandis pour filmer la scène, plusieurs centaines de personnes ont célébré cet acte d’une violence inouïe au Sénégal.

Silence des autorités et climat d’impunité

La police et la justice sénégalaises sont restées passives face à ces violences, donnant l’impression que l’impunité est permise. Cette inaction nourrit la haine et pousse certains jeunes à commettre des actes toujours plus extrêmes.

Des organisations comme Jamra contribuent elles aussi, directement ou indirectement, à cette stigmatisation. Par leurs discours, elles renforcent la légitimation de la violence contre les personnes LGBT et contre les médias indépendants.

Un appel à la responsabilité collective

Il est temps de dire non à l’impunité et à la haine. Chaque citoyen doit pouvoir vivre librement et en sécurité, et chaque média doit pouvoir informer sans craindre pour sa vie.  Nous continuerons à dénoncer ces crimes et à sensibiliser la société sénégalaise, pour que le respect des droits humains et de la dignité prime sur la violence et l’intolérance.

Nous lançons un appel pressant à :

L’ONU, pour qu’elle interpelle les autorités sénégalaises sur leurs responsabilités en matière de protection des droits humains.

Reporters Sans Frontières (RSF), pour qu’elle protège les journalistes et groupes de presse sénégalais qui subissent menaces, agressions et destructions de matériel.

Nous demandons que ces institutions mettent la pression nécessaire sur l’État sénégalais pour garantir la sécurité des citoyens, protéger la liberté d’expression, et faire cesser l’impunité des agresseurs.

Tant que la haine continuera d’être encouragée et protégée par l’inaction de la justice et de la police, le Sénégal s’enfoncera dans une spirale dangereuse où personne ne sera à l’abri.

20 Commentaires

  1. Le Sénégal n’est pas un pays d’homosexuels. Ne viens pas créer la discorde, sinon c’est toi qu’on va juger publiquement comme celu.

  2. Toi, vous êtes des ennemis du Senegal. Défendre les homosexuels, c’est vouloir détruire nos valeurs. Tu vas le payer tôt ou tard.

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