Ils se sont massés au seuil de l’Institution de prévoyance de retraite du Sénégal, pour dénoncer « la mal gouvernance, le nouveau style d’information inopérant» qui menacent leurs carrières, ré- clamer « leurs droits et la préservation de l’outil de travail.» Les travailleurs de l’Ipres qui tendent vers une Assemblée générale souffrent aussi « d’une iniquité totale sur le plan salarial ». Eux n’avancent pas alors sur le plan professionnel. La preuve en détails…
A l’Ipres les signaux sont rouges. Dans les couloirs, sur les rampes des escaliers et aux portes des bureaux, des brassards rouges flottent et renseignent sur le mécontentement des employés, sans plomber la quiétude profession- nelle. Ici, les travailleurs sont dans le désarroi. « Ils ne vivent pas, ils survivent et scrutent un avenir me- nacé par des conditions de travail précaires. Les salaires dérisoires, si bien qu’ils soient payés, ex- pliquent d’ailleurs le taux élevé de l’endettement des agents parce que la vie chère et son corol- laire sont nos principaux goulots d’étranglements », regrette une source. Ces agents, « sans plan de carrière », réclament ainsi « de meilleures conditions de travail et
d’existence par l’aug- mentation des salaires. » Le mouvement d’humeur de ce vendredi 18 mars rappelle également que lors d’un séminaire de l’intersyndicale aux bou- gainvilliers en 2019, se- lon notre source, « il était question de débattre sur l’endettement des agents de l’IPRES et l’amélio- ration des conditions d’existence des travail- leurs. Un excellent dia- gnostic a été fait avec l’appui de la commission scientifique. Des solu- tions ont été préconi- sées, des conclusions prises. Mais elles sont toujours rangées, depuis lors, aux oubliettes. Nous demandons l’application et l’effectivité de ces mesures.»
L’iniquité entre em- ployés et retraités fustigée…
C’est un autre mal qui ir- rite les grévistes qui an- noncent une assemblée générale, pour lister tous ces préoccupations, in- former l’opinion public et interpeler le Directeur de l’Ipres, Amadou Lamine Dieng et le conseil d’admi- nistration. « Depuis 2018 les retraités ne cessent de bénéficier d’augmen- tations salariales. Et la dernière fois remonte en 2022 en raison de 10% avec effet rétro actif d’un rappel depuis jan- vier. Véritablement nous jugeons cela anormal », dénonce encore notre interlocuteur qui s’inter- roge : « comment conce- vez-vous l’augmentation des retraités qui s’élève à 2 milliards par mois soit 85.000 par mois pour chaque retraité, là où nous travailleurs nous ne
réclamons que 500 mil- lions par an soit 65.000F par mois pour chaque agent. Et ils ne peuvent pas nous satisfaire. Pour- quoi?»
A l’lpres, l’employé
n’avance pas…
Dans cette Institution de prévoyance de retraités du Sénégal, « la mal gou- vernance » tant décriée, plombe l’avancement du travailleur. Pourtant conformément aux textes qui régissent leurs statuts « au bout de chaque 5 ans l’agent doit norma- lement évoluer. Alors que ce n’est pas le cas. Ici, on note une absence to- tale de plan de carrière. Aussi, nous voulons que la prime de résultat ne soit plus imposable. Car c’est comme donner de la main droite et retirer par la main gauche. » Autre exemple d’iniquité:
« La loi n°2006-19 du 30 juin 2006 donne beau- coup d’avantage aux archivistes alors qu’à l’Ipres aucun archiviste ne bénéficie de 50 % du sursalaire relative à la dite loi. Pas de prime de salissure encore moins de prime de lait. Alors que d’autres archivistes en bénéficient dans les autres entreprises. Ceux du commerce extérieur en bénéficient aussi pour ne citer que ceux-là. » Tout cela sous-tend cette révolte pour « la préser- vation de l’outil de travail. Levons nous, d’une seule voie pour la préservation de nos droits et de notre outil de travail. Nous re- fusons d’être l’agneau du sacrifice », tonnent ces agents en chœur. Mme Fary Diop, une autre dé- léguée, elle, demande aux plus jeunes de por- ter le combat. « Nous en avons assez soufferts. Nous tendons vers la re- traite. Vous les jeunes, vous devez vous impli- quer. Portez ce combat. Il y va de votre avenir. Il y en a parmi vous qui ont 20 ans. Il vous reste 40 ans de carrière. Si vous ne vous battez pas toute de suite, vous allez as- sombrir votre avenir. Ne vous laissez pas divertir. Ce que nous sommes en train de faire c’est pour vous. N’ayez pas peur, battez-vous pour vos droits », exhorte-t-elle. Alors qu’Adama Diop porte-parole du jour, fus- tige « un nouveau sys- tème d’information ino- pérant. »
Autant dire que ces maux qui plombent le bon fonc- tionnement de l’Ipres ex- pliquent « une absence totale de motivation des travailleurs qui ne bénéfi- cient pas des 5 leviers de motivation à savoir la re- lation, la reconnaissance, le renforcement de capa- cité (formation), la consi- dération et le gain », d’après un employé qui a requis l’anonymat.
Source : syndicalisme.net



