Le partenariat entre la Tunisie et le Sénégal est naturel »
Le Directeur Général de Smart Capital, Alaya Bettaieb revient sur les stratégies de développement des startups de l’agritech tunisienne. Il considère que le partenariat entre la Tunisie et le Sénégal consiste à «Travailler ensemble et réussir ensemble pour le développement de l’Afrique». Smart Capital est l’opérateur national des startup tunisiennes. Un programme débuté en 2019 par la promulgation de la loi sur les startups, et qui aide au développement de l’écosystème entrepreneurial tunisien.
L’Agritech tunisienne connait depuis quelques années la création d’un nombre important de startups et une croissance spectaculaire en Tunisie mais aussi au niveau international. Des activités pour faire connaitre davantage les innovations tunisiennes et développer des partenariats sont menées en Afrique à l’instar de la semaine de l’Agritech tunisienne au Sénégal qui aura lieu au mois de mars 2022 à Dakar. « La synergie entre le Sénégal et la Tunisie autour des solutions technologiques agricoles est une excellente initiative. Elle va apporter une couche très importante qui renforce la compétitivité de l’économie agricole », a déclaré le Directeur Général de Smart Capital, Alaya Bettaieb.
Ainsi, il estime que cette approche pour digitaliser l’agriculture pourrait encourager les jeunes et éradiquer les conflits intergénérationnels qui font que les jeunes n’ont aucune motivation pour pratiquer des activités agricoles. « Nous avons toujours, œuvré sur ce partenariat entre la Tunisie et les autres pays africains. Donc, ce partenariat est naturel. L’agriculture a une part très importante dans le PIB des pays africains. C’est vrai qu’on voit beaucoup d’investissements américains, chinois ou d’autres pays. Mais, le plus important, c’est le développement par des africains avec des africains », a-t-il, clarifié.
Les activités de Smart Capital s’appuient sur trois piliers, le premier étant le “Start-up Act” qui intègre des mesures structurées autour d’un label de mérite et qui permet d’offrir des bourses aux jeunes porteurs de projets afin qu’ils puissent mettre en œuvre leurs initiatives entrepreneuriales. Il offre aussi, des garanties, destinées aux investisseurs. Mais également, des avantages fiscaux pour aider à mieux investir.
Sous ce registre, il précise que parmi les avantages offerts aux startups labelisées il y’a la possibilité d’ouverture d’un compte en devises, une facilitation des procédures douanières et une exemption de l’impôt sur les sociétés.
« Le deuxième pilier, est le “Startup Invest” qui est un fonds des fonds d’une valeur de 200 millions d’euros qui vise à créer un écosystème de fonds de capital-risque et aider pour le crowdfunding local et international. Nous avons l’intention de créer cinq à huit fonds d’amortissement (seed funding), trois à cinq fonds de croissance, deux à trois fonds d’extension internationale », expose-t-il.
Le troisième pilier, est le “Start-up Ecosystème”, qui est un cadre d’appui à l’écosystème entrepreneurial (structures d’incubations et d’accélération pour la création et le développement de startup).
« Nous accordons le label à environ 20 startups tous les mois. D’avril 2019 à ce jour, nous avons labellisé 630 start-ups. Notre objectif, est d’atteindre 1 000 startups labellisées d’ici deux ans et, avoir une licorne qui pourrait développer le mindset de la culture entrepreneuriale de la Tunisie. ».
Perspectives de développement entre la Tunisie et Sénégal
La loi du start up acte a été adoptée pour développer et promouvoir toutes les startups créées. Lors de la conférence du Global Change de Tony Blair, un ministre sénégalais avait magnifié la pertinence des stratégies menées. Alors, il est important que la Tunisie partage avec le Sénégal, ses succès et ses échecs pour permettre de les adapter localement.
« Nous avons un écosystème économique spécial. Nous orientons la technologie vers l’agriculture, la santé, l’éducation, le transport et la finance. Ce sont les quatre axes prioritaires de notre économie. Et, nous voulons que les solutions soient aussi locales qu’internationales pour qu’elles permettent aux autres pays de profiter de ces technologies à accès facile. Ce partenariat entre le Sénégal et la Tunisie est très important », insiste-t-il.
A cet effet, le Directeur, estimant que c’est nécessaire de promouvoir le développement interne, entre pays africains, et souhaite que ces alliances soient africo-africaines. En résumé, son idéal est d’appeler à travailler ensemble et de réussir le développement de l’Afrique par les africains.



