Comment va se matérialiser la montée en puissance de la campagne de vaccination en France

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Alors que la France métropolitaine est soumise à des mesures de freinage importantes pour enrayer l’épidémie, le gouvernement compte bien mettre un coup de collier sur la vaccination pendant le mois d’avril afin d’espérer un assouplissement des restrictions pour la mi-mai.Opérations de vaccination au Palais des Sports de Lyon, le 29 mars 2021

© JEAN-PHILIPPE KSIAZEK © 2019 AFP Opérations de vaccination au Palais des Sports de Lyon, le 29 mars 2021

Le gouvernement affiche sa confiance. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, a de nouveau assuré ce lundi au journal télévisé du 13H de TF1 que 10 millions de Français auront reçu au moins une dose de vaccin contre le Covid-19 d’ici la mi-avril. »Nous avions un obectif qui était de 10 millions de primo-vaccinés au 15 avril. Non seulement nous allons atteindre cet objectif mais nous allons même l’anticiper de quelques jours », a-t-il assuré.

Le ministre a par ailleurs affirmé que le pays ne rencontrait « aucun problème de logistique » mais était confronté à « un enjeu »: celui de la livraison de vaccins.

Reste que le gouvernement n’attend seulement pas l’arrivée de nouvelles doses pour tenter d’optimiser au mieux la campagne de vaccination, critiquée pour sa lenteur lors des premiers mois de l’année.

12 millions de doses livrées en avril

Le ministre de la Santé a déclaré ce lundi que la France recevra « 12 millions de vaccins ce mois-ci ». En précision, il s’agira là de 12 millions de doses. Un nombre conséquent, pusqu’il correspond au nombre d’injections administrées en France depuis la mise en place de la campagne vaccinale. Reste à savoir si les livraisons en question arriveront normalement, ce qui n’est pas dit.

Le laboratoire suédo-britannique AstraZeneca, qui a récemment changé le nom de son vaccin, est en effet accusé depuis plusieurs semaines par Bruxelles de ne pas respecter ses engagements en livraison, laissant planer sur lui la menace de l’UE de bloquer les importations de doses au Royaume-Uni. Quant à la défiance constatée autour de ce vaccin, elle entraîne de facto un ralentissement de la vaccination.

Nouveau vaccin et production sur le sol français

En parallèle, Pfizer a lui annoncé l’augmentation des livraisons pour l’Union Européenne, et donc la France, par rapport à leur contrat initial tandis que le vaccin attendu de Johnson & Johnson, administré avec seulement une seule injection, doit être livré lors de la deuxième moitié d’avril. Une montée en puissance qui devrait donc en toute logique se faire sentir à la fin du mois.

Autre nouvelle qui va permettre de raccourcir les délais d’acheminement de doses: la production de celle-ci sur le territoire national. Des doses du vaccin Pfizer – BioNTech vont être produites à compter de ce mercredi en Eure-et-Loir, dans l’usine du sous-traitant Delpharm, sélectionné en novembre dernier. Plusieurs sites de production devraient également voir le jour pour produire 250 millions de doses au cours de cette seule année 2021.

De nouvelles professions habilitées à vacciner

Si le personnel de santé ne manque pas à ce stade pour administrer lesdites doses, difficile de savoir si les moyens humains suivront à mesure que les vaccins arriveront. Une interrogation à laquelle le gouvernement tente de répondre en élargissant le nombre de personnes habilitées à injecter les vaccins.

Depuis plus d’une semaine, les dentistes, vétérinaires, infirmiers mais également les sapeurs-pompiers ou encore des étudiants en médecine ayant suivi une formation spécifique peuvent désormais – sous conditions – injecter voire prescrire le vaccin. Difficile toutefois de déterminer le nombre de professionnels de santé volontaires pour vacciner, et donc, renoncer à des consultations de patients.

Vaccinodromes et obtention de rendez-vous

L’image marquera à coup sûr: le stade de France doit passer en mode vaccinodrome à compter de ce mardi, avec pour objectif de vacciner 10.000 personnes par semaine contre le coronavirus. Un centre stratégique qui s’ouvre donc en Seine-Saint-Denis, un des territoires les plus touchés par la troisième vague de l’épidémie. Au total ce sont près de 38 vaccinodromes qui vont être ouverts dans les prochaines semaines en France avec un rythme d’injections hebdomadaires fixé par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin à 530.000 doses. Olivier Véran a par ailleurs indiqué que ces vaccinodromes demeurent « un complément » aux centres de vaccination déjà en place.

Accueillir les personnes éligibles à a vaccination est une chose, leur permettre de se faire vacciner en est une autre. Emmanuel Macron avait indiqué fin mars qu’un numéro unique, fonctionnant comme un coupe-file, allait permettre à toutes les personnes âgées de plus de 75 ans et non vaccinées d’obtenir un rendez-vous dans les prochaine semaines. En outre, l’Assurance maladie a également fait savoir qu’elle allait contacter les personnes non vaccinées pour leur proposer de le faire.

Autant de mesures visant à atteindre au plus vite l’immunité collective alors que l’exécutif mise sur 20 millions de personnes vaccinnées à la mi-mai et 30 millions à la mi-juin, notamment en étendant la vaccination à de nouvelles tranches d’âge. Un calendrier qui, si respecté, pourrait permettre d’espérer une réouverture progressive de plusieurs lieux à la mi-mai.

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