Accueil POLITIQUE Atiku Abubakar claque la porte du Scrutin présidentiel nigérian

Atiku Abubakar claque la porte du Scrutin présidentiel nigérian

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Le revirement judiciaire qui a frappé le leader de l’ADC, Atiku Abubakar, vient d’un soir où il venait d’ouvrir officiellement sa campagne dans le nord‑ouest du pays. Cette décision, rendue par la Haute Cour d’Abuja, intervient à un moment critique, alors que le climat politique était déjà chargé de querelles internes et de accusations de manipulation.

Une annulation qui sape la représentation du Nord

En invalidant la désignation d’Atiku, le tribunal a également annulé les actes du président du parti, David Mark, notamment la nomination du sénateur comme candidat. L’ADC, qui n’a jamais reçu le texte du jugement, promet de « recourir à tous les moyens judiciaires disponibles » pour renverser la décision. Selon le porte‑parole Bolaji Abdullahi, il s’agit d’une « tentative désespérée visant à paralyser l’opposition ».

Réactions en chaîne et accusations croisées

Le porte‑parole du gouvernement, Daniel Bwala, a catégoriquement nié toute implication de l’APC dans le verdict. De son côté, le chef de l’ADC dans l’État d’Adamawa, Sadiq Ibrahim Dasin, a pointé du doigt l’INEC, qui « n’a pas levé le petit doigt » concernant la validation des candidats. Le parti de Peter Obi, le NDC, a dénoncé des annulations de réservations d’hôtels à Abuja, les qualifiant de « non‑démocratiques », tandis que les autorités présidentielles ont rappelé que ces établissements sont privés.

Le jugement survient alors que les observateurs de l’Union européenne, qui ont suivi les élections de 2023, signalaient déjà plus de 1 200 affaires judiciaires, souvent perçues comme politisées ou trop techniques, et qui ont parfois chevauché le scrutin.

Conséquences pour l’échiquier électoral

Si Atiku Abubakar ne figure plus sur les bulletins, le Nord, majoritairement musulman, se retrouvera sans candidat de poids, ce qui pourrait exacerber les tensions régionales dans un pays où l’équilibre géographique est crucial. En 2023, Atiku avait recueilli 29 % des suffrages, derrière Bola Tinubu (36,6 %) et devant Peter Obi. L’absence de ce leader historique pourrait donc modifier la donne pour le parti au pouvoir et les autres prétendants.

Alors que le Nigeria se débat avec une crise économique profonde, marquée par une inflation galopante, la décision judiciaire ajoute une nouvelle couche d’incertitude à une course déjà très disputée.

Les prochains jours seront décisifs : l’ADC devra choisir entre un nouveau recours judiciaire ou la recherche d’une alternative pour représenter le Nord, tandis que le gouvernement devra gérer les accusations de sabotage démocratique qui se multiplient.

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