Le retard de deux jours dans l’examen du budget 2027 vient s’ajouter à une série de désaccords qui menacent la stabilité financière du pays. Ce report, annoncé par le président de la commission, Alphonse Mané Sambou, fait écho à une lutte de pouvoir entre le Parlement et le gouvernement, à un moment où les finances publiques sont déjà sous pression.
Report de 48 heures : un revers symbolique
Initialement prévue le jeudi 5 novembre, la séance de la Commission des Finances a été déplacée au samedi 7 novembre, selon le rectificatif signé par Alphonse Mané Sambou. Ce délai de deux jours, bien que technique, illustre la montée des frictions entre les deux branches de l’État, après que le ministère de l’Économie, des Finances et du Plan, dirigé par Cheikh Diba, a dénoncé des « manœuvres d’obstruction » de la commission.
Les raisons du blocage : rejet du PLFR 2026 et demande de retrait
Le point de départ de cette crise remonte à une lettre datée du 3 novembre, dans laquelle le président de la commission a sollicité le retrait du projet de LFI 2027. Il justifie cette requête par le rejet du Projet de Loi de Finances Rectificative 2026, qui, selon lui, remet en cause les hypothèses de base du futur budget. Du côté du gouvernement, les services de Cheikh Diba rétorquent que la simple annulation d’une loi rectificative ne nécessite pas automatiquement l’abandon du texte initial, s’appuyant sur la jurisprudence budgétaire de 2025.
Conséquences pour les finances publiques
Le nouveau calendrier prévoit une audition du ministre Cheikh Diba à 9 heures le samedi, suivie d’un examen des recettes, de la dette publique et des budgets de plusieurs institutions, dont la Présidence de la République, l’Assemblée nationale, la Cour suprême, le Conseil constitutionnel, la Cour des comptes et la Primature. À 17 heures, les commissions des Finances et des Affaires économiques étudieront le budget du ministère de l’Industrie et du Commerce. Malgré ce programme complet, les divergences restent vives, soulignant que le débat budgétaire ne se limite plus à un simple report de date, mais touche aux fondements mêmes des hypothèses économiques et aux engagements financiers de l’État.
En définitive, le report de la LFI 2027 ne résout pas les désaccords entre l’Exécutif et le Parlement. Au contraire, il accentue les incertitudes autour de la dette, des recettes et des priorités de dépenses, laissant les Sénégalais dans l’attente d’une issue qui pourrait redessiner la trajectoire économique du pays.



