Le refus du projet de loi de finances rectificative 2026 a créé une impasse à l’Assemblée nationale. Au cœur du débat, le parlementaire Babacar Guèye indique que l’obstacle n’est pas fatal, rappelant que la Constitution offre plusieurs ressorts pour faire passer le texte.
Des alternatives constitutionnelles sous le feu des projecteurs
Le député souligne que le chef de l’État peut demander une nouvelle lecture du projet, une pratique qui rallonge le processus législatif tout en maintenant la pression sur les législateurs. Au-delà de cette option, il évoque la possibilité d’activer la disposition 86 du texte fondamental, un mécanisme qui engage la responsabilité du gouvernement et permettrait de considérer le budget comme adopté, à moins qu’une motion de censure ne soit déposée et adoptée dans les vingt‑quatre heures qui suivent.
Le recours aux décrets d’avance comme plan B
Guèye rappelle également que le président dispose d’un autre outil : les décrets d’avance. Ces mesures exécutives peuvent couvrir les dépenses obligatoires de l’État en attendant que le texte parlementaire soit validé, un procédé déjà utilisé lorsque la loi de finances initiale a été adoptée en 2025. Cette méthode garantit la continuité des services publics tout en contournant temporairement le blocage législatif.
En insistant sur le fait que le premier rejet ne constitue pas une décision définitive, le parlementaire met en avant la flexibilité du système constitutionnel sénégalais, capable de s’ajuster rapidement aux exigences budgétaires.
Pour les citoyens, ces manœuvres signifient que les projets de dépenses publiques, notamment ceux liés à la santé, à l’éducation et aux infrastructures, ne seront pas nécessairement suspendus. Cependant, elles soulèvent des questions sur la transparence et l’équilibre des pouvoirs entre l’exécutif et le législatif.
Le débat reste ouvert, et les prochains jours seront décisifs pour déterminer si le président utilisera ces leviers ou si le Parlement réussira à imposer une position différente.



