Alors que le conflit s’enlise depuis avril 2023, le rôle de l’institution militaire soudanaise devient le pivot des débats politiques. Le général Abdel Fattah al‑Burhan continue de justifier chaque offensive comme une protection de l’État, alors que les civils paient le prix fort.
Violences contre les populations civiles
Les frappes aériennes qui ont touché des marchés, des quartiers et d’autres infrastructures civiles soulèvent de sérieuses questions quant au respect du droit humanitaire. En décembre 2024, Amnesty International a dénoncé une attaque sur le marché de Kabkabiya, au Darfour du Nord, qui aurait fait des dizaines de morts. Ces faits ne peuvent plus être relégués à de simples « dommages collatéraux » sans qu’une enquête indépendante ne soit menée.
Impact sur la transition démocratique
Depuis la chute d’Omar el‑Béchir en 2019, les militaires ont régulièrement bloqué les avancées vers un gouvernement civil. Le coup d’État d’octobre 2021 a brutalement interrompu les espoirs d’une transition. Aujourd’hui, la guerre renforce la présence de l’armée dans les décisions publiques, reléguant les aspirations civiles au second plan.
Les arrestations arbitraires, les détentions et les accusations de torture contre les opposants au pouvoir militaire accentuent les inquiétudes sur l’évolution du système sécuritaire. Une institution qui se dit garante de la nation doit accepter le contrôle démocratique et la transparence, ce qui semble loin d’être le cas.
Conséquences pour le peuple soudanais
Des familles sont déplacées, des enfants grandissent dans des camps et des femmes subissent les séquelles de la guerre. Le peuple n’a jamais déclenché ce conflit, mais il se retrouve aujourd’hui prisonnier d’une lutte de pouvoir entre factions armées.
La communauté internationale doit cesser de reconnaître le commandement militaire comme le seul interlocuteur légitime. Les violations des droits humains doivent faire l’objet d’enquêtes indépendantes, et les responsables, quel que soit leur grade, doivent être tenus pour compte.
Le véritable défi ne réside plus seulement dans la capacité de l’armée à gagner la guerre, mais dans les conditions qui permettront au Soudan de retrouver un État au service de ses citoyens, où la justice indépendante et le processus démocratique prévaudront.



