Accueil POLITIQUE Vladimir Poutine torpille l’influence française : le sommet Russie‑Afrique attire 48 nations

Vladimir Poutine torpille l’influence française : le sommet Russie‑Afrique attire 48 nations

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Le paysage géopolitique africain se trouve à un carrefour décisif : alors que les capitales du continent se massent à Moscou, la rencontre promet de remodeler les rapports de force entre l’Afrique, la Russie et les puissances occidentales.

Une mobilisation sans précédent

Le Kremlin a annoncé la présence de représentants de quarante‑huit pays africains, parmi lesquels vingt‑deux chefs d’État, pour le troisième rassemblement Russie‑Afrique. Deux journées de travaux, incluant deux séances plénières où chaque délégation pourra s’exprimer, seront suivies d’une vingtaine de réunions bilatérales entre Vladimir Poutine et ses homologues.

Des liens historiques réactivés

La coopération entre Moscou et le continent remonte à l’époque soviétique, mais elle s’est intensifiée depuis le déclenchement de l’offensive ukrainienne en février 2022, qui a isolé la Russie sur la scène internationale. La rhétorique anti‑néocoloniale et la promesse d’un ordre mondial plus équilibré séduisent de nombreux dirigeants, notamment ceux du Sahel – Mali, Niger et Burkina Faso – qui ont progressivement détourné leurs orientations de la France.

Le chef du Mali, Assimi Goïta, se réunira en tête‑à‑tête avec le président russe, soutenu par les mercenaires du groupe Africa Corps dans la lutte contre les groupes djihadistes.

Rencontres bilatérales à enjeux multiples

Parmi les entretiens privés, le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, sera reçu par Poutine, un rendez‑vous délicat au regard des tensions persistantes avec le Rwanda. Kigali n’enverra pas son président Paul Kagame, mais le Premier ministre Justin Nsengiyumva prendra place à Moscou.

L’Est congolais, riche en minerais, reste en proie à des affrontements depuis plus de trente ans, malgré un accord de paix signé en décembre sous l’égide de Washington. Les discussions à Moscou pourraient ouvrir de nouvelles voies de coopération sécuritaire et économique.

Des engagements économiques et technologiques concrets

Le sommet prévoit la signature de trente‑trois documents, dont un texte sur la coopération internationale et un autre dédié à l’intelligence artificielle. Le Kremlin a indiqué que les échanges commerciaux entre la Russie et les nations africaines ont franchi les vingt‑sept milliards de dollars en 2025, soulignant la dynamique du continent.

La présence d’un nombre croissant d’étudiants africains dans les universités russes et le réseau de quarante‑huit ambassades – bientôt renforcé par une cinquante‑neuvième au Libéria – témoignent d’une stratégie de rayonnement durable.

En définitive, ce rassemblement pourrait marquer le début d’une réorientation durable des partenariats africains, en offrant une alternative aux modèles occidentaux et en renforçant l’influence russe dans les sphères économiques, sécuritaires et technologiques du continent.

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