Alors que les hôpitaux de Kolda peinent déjà à répondre aux besoins croissants de la population, un nouveau mouvement social menace de suspendre les services essentiels pendant 72 heures. La décision, prise par le Syndicat des Agents Contractuels de la Santé et de l’Action Sociale (SACSASS), repose sur une revendication précise : l’égalité d’accès à l’allocation logement.
Motifs du blocage à Kolda
Les travailleurs sous contrat, embauchés directement par les établissements publics, se sentent lésés parce que leurs homologues recrutés via le ministère de tutelle perçoivent une aide financière pour le logement. Alassane Mballo, secrétaire général du SACSASS au Centre hospitalier régional de Kolda, décrit cette disparité comme « injuste », rappelant que les deux catégories partagent le même statut professionnel. Il exige que le dispositif soit étendu à l’ensemble du personnel contractuel.
Cette demande s’inscrit dans un climat déjà tendu. L’Alliance des syndicats autonomes de la santé (ASAS) avait déclenché des arrêts de travail de 48 heures en juillet et en août, puis refusé de participer à un dialogue sur les réformes du système de santé, jugeant les propositions gouvernementales insuffisantes. Le présent mouvement cible spécifiquement le volet logement, mais il reflète une contestation plus large des conditions d’emploi et du traitement réservé aux agents.
Répercussions sur le système de santé
Un arrêt de trois jours risque de perturber la prise en charge des patients, notamment dans les services d’urgence et de maternité. Les autorités sanitaires devront réorganiser les effectifs ou recourir à du personnel de réserve, ce qui pourrait allonger les délais d’attente. Le syndicaliste a également pointé du doigt le ministre de la Fonction publique, du Travail et de la Réforme du service public, Mamadou Lamine Dianté, qu’il accuse de tenir des propos perçus comme des menaces envers les manifestants.
Des manifestants ont défilé en arborant des foulards et des brassards rouges, symboles de leur détermination. Le ministre, ancien syndicaliste, se trouve ainsi confronté à une critique qui remet en cause la cohérence de son discours avec les attentes du personnel qu’il supervise.
Si les revendications ne sont pas satisfaites, le risque d’escalade reste réel, avec la perspective d’arrêts plus longs et d’un impact accru sur la santé publique de la région.
En définitive, la grève annoncée à Kolda met en lumière la nécessité pour les autorités de réviser les politiques de rémunération et de logement afin de garantir l’équité entre tous les agents du secteur sanitaire.



