Accueil SOCIÉTÉ JUSTICE Khady Diagne épinglée pour 73 millions de F CFA d’escroquerie foncière

Khady Diagne épinglée pour 73 millions de F CFA d’escroquerie foncière

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Une affaire de fraude foncière de grande ampleur secoue actuellement le milieu des affaires au Sénégal, avec l’interpellation et le défèrement devant le parquet de Khady Diagne. Cette opératrice économique est visée par deux plaintes distinctes pour des chefs d’accusation de fraude immobilière, de falsification de documents et d’usage de pièces contrefaites. Le montant global des sommes détournées est estimé à 73,59 millions de francs CFA, impactant directement deux victimes présumées : P. Diallo, qui réclame un solde de 24,09 millions, et F. Cissé, qui déclare avoir versé 49,5 millions.

Un mécanisme de falsification pour escroquer les acquéreurs

L’enquête de la DIC a mis en lumière un mode opératoire élaboré. Dans la première affaire, datant de 2021, Khady Diagne aurait proposé à P. Diallo l’acquisition de deux parcelles pour 70 millions de francs. Après un versement initial de 36 millions par la victime, et face à l’incapacité d’obtenir un titre de propriété authentique, P. Diallo a réclamé un remboursement. La supercherie a été découverte lorsque Khady Diagne, à l’insu de P. Diallo, aurait revendu le même terrain à une tierce personne, D. Thiaw, pour 48,5 millions. Pour légitimer cette transaction devant la justice, des actes de cession falsifiés, des procurations contrefaites et une fausse autorisation de construire auraient été fabriqués, allant jusqu’à l’imitation de la signature de P. Diallo.

Le notaire dénonce une contrefaçon grossière

En 2024, la femme d’affaires est de nouveau impliquée dans une accusation similaire. F. Cissé a versé 49,5 millions de francs CFA pour l’achat d’un terrain situé à Ngor Virage, sur un montant total convenu de 90 millions. Alarmée par les délais anormaux, la plaignante s’est rapprochée de l’officier public dont le nom figurait sur l’acte de vente. Interrogé par les enquêteurs, Maître M. A. Touré a formellement réfuté avoir établi un tel document, qualifiant la pièce de « faux grossier ». Il a également affirmé que son identité, sa paraphe et son sceau avaient été entièrement reproduits frauduleusement, sans son consentement ni sa connaissance.

Des aveux partiels et l’absence de preuves

Face aux limiers de la DIC, Khady Diagne a concédé une partie des reproches, reconnaissant notamment la fabrication des faux documents au nom de P. Diallo et le détournement à des fins personnelles des fonds issus de la revente illégale. Concernant le second dossier, bien qu’elle admette avoir encaissé les 49,5 millions de F. Cissé, elle dément catégoriquement avoir fourni le faux acte notarié à cette dernière. La situation est d’autant plus délicate pour l’accusée qu’elle s’est montrée incapable de produire la moindre pièce justificative attestant de ses droits de propriété ou de ses procurations sur les terrains mis en vente.

Cette affaire met en lumière les risques inhérents aux transactions immobilières informelles et souligne l’importance cruciale de la vérification des titres de propriété et de l’authenticité des documents par des professionnels agréés. La justice sénégalaise est désormais appelée à faire la lumière sur ces pratiques présumées frauduleuses et à statuer sur les responsabilités de chacun, afin de protéger les citoyens des dérives du marché foncier.

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