La question des crédits Woyofal qui s’épuisent à une vitesse jugée anormale par de nombreux ménages sénégalais a été au centre des préoccupations. Pour éclairer cette problématique persistante, Papa Toby Gaye, le directeur général de la Senelec, s’est exprimé, apportant des précisions sur ce phénomène qui irrite tant les consommateurs. Son intervention visait à apaiser les tensions et à fournir une explication technique et économique aux suspicions de surconsommation.
La demande énergétique en hausse et ses conséquences
L’explication majeure avancée par le dirigeant de la société nationale d’électricité réside dans une augmentation notable de la consommation domestique. Cette tendance, selon lui, serait le facteur principal derrière la perception d’une fin prématurée des unités Woyofal. Il a également rappelé que la grille tarifaire est restée identique. Les tarifs n’ont pas varié depuis la diminution des prix pour la première catégorie en décembre dernier. Papa Toby Gaye a aussi précisé que la détermination des coûts n’incombe pas directement à la Senelec.
La production d’électricité, face à une demande croissante, contraint l’opérateur à mobiliser des moyens de production plus onéreux. Le système de facturation repose sur une structure échelonnée : plus la demande s’intensifie, plus l’entreprise doit recourir à des générateurs à coût élevé. À titre d’exemple, certaines installations solaires représentent une option moins coûteuse comparativement à d’autres infrastructures de production.
Fiabilité des compteurs et statistiques des litiges
Concernant les allégations de mesures incorrectes par les compteurs Woyofal, le directeur général a écarté l’idée d’une défaillance généralisée. Il a insisté sur le fait que ces appareils subissent un étalonnage strict par les services qualifiés de métrologie et de vérification. Néanmoins, il a concédé la possibilité d’incidents techniques isolés. Des chiffres éloquents appuient cette nuance : 15 % des contestations de facture sont associées à une défaillance de compteur que Senelec n’a pas remarquée. De plus, 8% des relevés de consommation affichent des différences significatives avec le mois antérieur. Et la même proportion d’abonnés en post-paiement enregistre des pics d’utilisation électrique qui excèdent le double de leur consommation habituelle.
Face à ces constats, Papa Toby Gaye a invité les usagers ayant des doutes sur la fiabilité de leur appareil à se rapprocher de la Senelec. La société reste ouverte aux requêtes de vérification et de contrôle des compteurs concernés, offrant ainsi une voie de recours pour les consommateurs désireux de s’assurer de la justesse de leur facturation.
Quel équilibre pour 900 000 foyers ?
Quelque 900 000 foyers sont classés dans la catégorie initiale des usagers, une donnée cruciale pour toute réflexion sur la tarification. Papa Toby Gaye a soulevé la question de l’équité d’un coût moyen appliqué uniformément à tous les usagers, suggérant qu’une telle approche pourrait ne pas être juste pour ces ménages les plus sensibles aux variations de prix. Cette perspective met en lumière le défi constant de la Senelec : garantir un service de qualité tout en maintenant un équilibre économique et social pour l’ensemble de ses abonnés, confrontée à l’accroissement des besoins en énergie et aux contraintes de production.



