La saison des pluies 2026 apporte un soulagement tangible pour de nombreux habitants de Dakar et de ses environs. Ce constat est au cœur des récentes déclarations de Cheikh Tidiane Dièye, ministre de l’Hydraulique et de l’Assainissement, qui a qualifié de « satisfaisant » l’état d’avancement des efforts de lutte contre les submersions. Alors que la capitale sénégalaise s’adapte aux fortes précipitations, des signes encourageants apparaissent, bien que les menaces structurelles pèsent encore lourdement sur l’avenir de la résilience urbaine face aux eaux.
Une amélioration notable pour les résidents
Le 18 septembre 2026, au terme d’une session du Comité national de gestion des inondations (CNGI), le ministre Dièye a mis en lumière les progrès réalisés. La réactivité des équipes a notamment permis d’évacuer en quelques heures les accumulations d’eau survenues le 15 septembre à Dakar, un scénario radicalement différent des années précédentes. L’exemple de Keur Massar Sud est particulièrement parlant : alors qu’en 2020, l’eau pouvait stagner jusqu’à trois mois dans les foyers, elle se retire désormais en seulement deux heures. Ces performances sont attribuées à une meilleure anticipation et à la mise en œuvre de dispositions prioritaires. Des équipes du ministère, de la Direction de la Prévention et de la Gestion des Inondations (DPGI) et de l’Office national de l’assainissement du Sénégal (ONAS) ont mené une surveillance assidue des points critiques, dégageant les déchets entravant les systèmes de drainage.
Obstacles structurels et investissements massifs
Malgré ces avancées, le chemin vers une solution pérenne demeure semé d’embûches. La dépendance de certaines zones, comme Keur Massar Sud, vis-à-vis du bassin versant de Mbao, empêche les populations de crier victoire hâtivement. Le ministre a souligné les lacunes fondamentales du réseau dakarois, conçu dans les années 1960. Sa vétusté et son sous-dimensionnement ne sont plus adaptés à la démographie actuelle et à l’intensité des pluies amplifiées par le dérèglement climatique. Le renouvellement de cette infrastructure exige des investissements de plusieurs milliards de francs CFA, un coût considérable qui est actuellement en étude. Cheikh Tidiane Dièye a également fustigé des comportements citoyens préjudiciables, tels que le dépôt d’ordures dans les conduites et l’ouverture des regards, qui contribuent à l’ensablement des systèmes d’évacuation.
L’enjeu des Jeux Olympiques de la Jeunesse
Parallèlement aux efforts quotidiens, un plan d’action spécifique est en déploiement pour assurer le bon déroulement des Jeux olympiques de la Jeunesse à Dakar. Les sites devant accueillir les compétitions ont été identifiés, et plusieurs entités – la SONAGED, l’ONAS, la DPGI, Ageroute et l’ADM – ont des interventions programmées. Une inspection de terrain de ces lieux olympiques est prévue dans les prochaines heures pour évaluer les nécessités et l’état d’exécution des initiatives arrêtées.
La gestion des risques d’inondation se poursuivra jusqu’à l’issue de l’hivernage, avec un objectif primordial : assurer la durabilité des aménagements et leur efficacité à long terme. Si les résultats 2026 sont encourageants, le défi de moderniser des infrastructures vieillissantes et de sensibiliser la population reste entier, posant les bases d’un combat constant pour la sécurité des habitants de Dakar.



