Les coupures d’énergie qui se succèdent depuis plusieurs semaines plongent les foyers gambiens dans le noir, contraignant les habitants de Banjul à improviser avec des bougies et à réclamer, à grands cris, le rétablissement du courant. Cette situation crée une tension palpable qui menace de s’étendre au-delà des simples désagréments domestiques.
Des protestations qui éclatent dans les rues
Dans la soirée de lundi, une foule importante, menée par le député Modou Lamin B. Bah, a envahi les artères de la capitale, brandissant des pancartes où l’on lit « Nawec, rendez‑nous notre électricité ! ». La Nawec, l’entreprise d’État responsable de l’eau et de l’électricité, se retrouve ainsi au cœur d’une colère populaire qui ne cesse de croître.
Au fil de la nuit, le rassemblement a dégénéré : des jeunes ont incendié des pneus, des commerces ont été pillés et le bureau local de la Nawec à Latrikunda a subi des actes de vandalisme. Ces débordements, signalés par le quotidien The Point, illustrent l’impatience grandissante face à une situation jugée intenable.
Le gouvernement répond sous pression
Le mardi suivant, le président Adama Barrow s’est rendu sur les sites de production de Brikama et de Kotu, soulignant l’urgence d’une action concrète. « Ce n’est plus le moment de parler théorie. Il est temps d’agir. Ce que nous voulons, c’est que l’électricité soit rétablie », a-t‑il déclaré, avant d’appeler les citoyens à la patience.
Dans une allocution ultérieure, le chef de l’État a rassuré la population en affirmant que les coupures étaient « temporaires » et qu’une amélioration de l’approvisionnement était attendue « d’ici fin octobre 2026 ». Il a également mis en garde contre de nouvelles manifestations, rappelant que la stabilité du réseau dépendait d’une coopération entre les autorités et les usagers.
Ce que cela signifie pour les Gambiens
Si les promesses gouvernementales se concrétisent, les ménages, les entreprises et les services essentiels pourraient retrouver un niveau de fonctionnement normal avant la fin de l’année. En revanche, une réponse tardive ou insuffisante risquerait d’alimenter davantage le mécontentement, voire de déclencher de nouvelles vagues de protestations.
Le prochain mois sera décisif : la capacité du président Barrow à tenir ses engagements déterminera non seulement le rétablissement du courant, mais aussi la confiance des Gambiens envers leurs institutions.



