Accueil ECONOMIE « Potentiel sous-exploité » : Ndiouga Diakhate alerte sur les JOJ Dakar...

« Potentiel sous-exploité » : Ndiouga Diakhate alerte sur les JOJ Dakar 2026

0
137

Le Sénégal s’apprête à écrire une page d’histoire en accueillant, en 2026, le tout premier événement olympique sur le continent africain : les Jeux Olympiques de la Jeunesse (JOJ) de Dakar. Cet immense rendez-vous, porteur de fierté nationale et d’opportunités, soulève pourtant des interrogations majeures au sein de l’écosystème économique local. Tandis qu’une récente injection de 500 millions de francs CFA, impulsée par la Fondation des Premières Dames du Sénégal, vise à soutenir la participation de la jeunesse, de nombreux acteurs de l’artisanat redoutent que cet événement global ne devienne une occasion manquée pour propulser l’économie locale.

L’artisanat sénégalais craint la marginalisation

Le rêve olympique, censé générer des bénéfices tangibles pour les entreprises nationales, semble paradoxalement menacer l’intégration des savoir-faire locaux. Les transformateurs et producteurs du pays expriment de vives craintes face à une stratégie d’approvisionnement qui, selon eux, néglige la valeur ajoutée produite au Sénégal. Ndiouga Diakhate, président du groupe Prestige Bois, une entreprise spécialisée dans la fabrication de mobilier, a lancé une mise en garde explicite : « Le potentiel économique lié au sport et aux grandes infrastructures reste largement sous-exploité au Sénégal. » Il souligne que malgré le prestige que représentent des compétitions d’envergure, l’artisanat sénégalais est trop souvent relégué à un rôle secondaire, délaissant une nouvelle génération d’entrepreneurs animés par des ambitions industrielles fortes. La perception de méthodes de production considérées comme archaïques est citée comme un frein à leur pleine participation.

Dakar 2026 : un levier pour l’industrialisation locale ?

Face à ce constat, les professionnels du secteur interpellent vivement l’État sénégalais. Ils pointent du doigt un manque de soutien pour moderniser l’artisanat, un secteur où de jeunes talents investissent pourtant dans des équipements de pointe, la formation technique et la transformation industrielle. Pour que les retombées économiques des JOJ 2026 soient durables, des réformes sont jugées indispensables. Il s’agirait, premièrement, d’appliquer rigoureusement la « préférence nationale », garantissant qu’une part significative du mobilier, des aménagements et de la logistique des sites olympiques soit confiée aux entreprises nationales. Deuxièmement, un soutien accru est nécessaire pour la mise à niveau des capacités productives, facilitant ainsi la transition des ateliers traditionnels vers des unités d’industrialisation à haute valeur ajoutée. Enfin, la création d’une véritable filière entre le sport et l’industrie nécessite un cadre réglementaire incitatif à l’approvisionnement local pour toutes les compétitions majeures.

En définitive, l’enjeu des JOJ Dakar 2026 dépasse la simple réussite organisationnelle. Il s’agit d’une opportunité unique de transformer cet événement planétaire en un moteur puissant d’industrialisation, favorisant l’autonomie économique du Sénégal et stimulant l’insertion professionnelle de sa jeunesse. La vitrine sportive ne doit pas occulter la nécessité de bâtir un héritage économique robuste pour les générations futures.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici