Le refus de la haute juridiction a plongé les observateurs dans une zone d’ombre quant à la programmation des prochains scrutins locaux, alors que le Front pour la défense de la démocratie et de la République (FDR) réclamait une action immédiate.
Un jugement qui n’établit pas de calendrier
La Chambre administrative de la Cour suprême a écarté le référé‑liberté présenté par le FDR, estimant que la situation ne constituait pas une atteinte suffisamment grave et immédiate aux intérêts publics invoqués. Malgré ce rejet, le texte de loi reste clair : les élections doivent se dérouler avant le 23 janvier 2027, sans qu’un décret précis n’ait été publié à ce jour.
La Cour s’est appuyée sur plusieurs dispositions du Code électoral – notamment les articles L.230, L.236, L.265 et L.269 – pour justifier son analyse. Elle a rappelé que le mandat des conseillers municipaux et départementaux dure cinq ans et que le renouvellement s’opère dans les trente jours qui précèdent la fin de ce quinquennat. Les articles L.236 et L.269 prévoient toutefois des dérogations lorsque les circonstances l’exigent, tandis que l’article L.63 délègue au gouvernement le pouvoir de fixer la date du vote par décret.
Les exigences du FDR et les acteurs mobilisés
Le groupe d’opposition, porté par Modou Diagne (président du LDR/Yessal), Khalifa Ababacar Sall de Taxawu Sénégal, Samba Sy du PIT, Oumar Sarr du PLD/And Suqali et Abdou Mbow de l’APR, avait sollicité plusieurs mesures : la reconnaissance des carences du ministre en charge des élections, la mise en route immédiate de la révision des listes électorales, la fixation d’une caution et la publication d’un calendrier prévisionnel. Toutes ces demandes ont été rejetées dans le cadre de la procédure d’urgence.
En l’absence de décision gouvernementale, les parties restent dans l’attente d’un décret qui définira la date précise du vote. Cette incertitude risque de compliquer les préparatifs logistiques et de nourrir les tensions politiques à l’approche de la fin du mandat actuel.
Le verdict de la Cour suprême, bien qu’il n’annule pas la nécessité d’organiser les élections dans la cinquième année, laisse le pays face à un vide juridique qui pourrait influer sur la dynamique électorale et la confiance des électeurs.
À moyen terme, il faudra surveiller les mouvements du ministère chargé des élections et la réaction des partis d’opposition, qui pourraient recourir à de nouveaux moyens de pression pour obtenir un calendrier plus concret.



