Alors que le gouvernement congolais tente de relancer le débat politique, la réaction de l’opposition menace d’ébranler le processus avant même qu’il ne franchisse les frontières provinciales.
Le plan de consultation nationale
Le 28 août, le président Félix Tshisekedi a déclaré le lancement d’une large consultation nationale visant à organiser des assises à l’échelle du pays. Selon le dispositif, chaque région, au nombre de vingt‑six, doit être parcourue afin d’inclure les citoyens, les autorités locales, les élus, les partis politiques ainsi que la société civile dans les échanges.
La riposte de la C64 et les tensions
La Coalition Article 64 (C64), qui rassemble les forces de l’opposition, a opposé un refus dès le jour suivant, arguant que l’initiative substituait le dialogue national inclusif que ses adhérents réclamaient. Les opposants accusent le chef de l’État de chercher à se conserver au sommet du pouvoir. De son côté, la C64 a formulé un « non catégorique » aux réunions provinciales, et une mobilisation est annoncée pour le 15 septembre, d’après Jeune Afrique.
Enjeux pour le dialogue national
Alors que certains leaders comme Jean‑Pierre Bemba et Vital Kamerhe, membres de l’Union sacrée, apportent leur appui à l’initiative présidentielle, la fracture entre le pouvoir et la dissidence s’accentue. Le succès du programme dépendra de la capacité du gouvernement à convaincre les provinces et à désamorcer les protestations prévues, faute de quoi le dialogue national pourrait vaciller avant même d’atteindre Kinshasa.
En définitive, le futur du débat national en République démocratique du Congo repose sur un équilibre fragile entre une consultation ambitieuse et la résistance farouche d’une opposition prête à se mobiliser massivement.



