Face à des doutes grandissants sur l’utilisation de fonds publics, l’Assemblée nationale a décidé d’intervenir de façon décisive. La création d’une commission spéciale vise à dévoiler les mécanismes financiers du programme d’équipement informatique destiné aux étudiants, un dispositif qui a mobilisé près de 48 milliards de FCFA depuis 2017.
Une équipe de 11 parlementaires chargée de décortiquer les flux monétaires
Le groupe, formé à l’unanimité, rassemble des députés issus de divers horizons politiques. Sa mission consiste à examiner chaque ligne budgétaire, à analyser les marchés attribués, ainsi qu’à vérifier l’existence d’un fonds de garantie estimé à environ 2 milliards de FCFA. Les législateurs devront également identifier les responsables éventuels et établir un récit complet de la gestion du dispositif depuis son lancement.
Ordinateurs défectueux, comptes multiples et sommes non justifiées
Parmi les points d’interrogation, on retrouve plus de 864,8 millions de FCFA dont la destination reste floue, ainsi que 800 machines présumées défaillantes entreposées à l’Université Cheikh Anta Diop (UCAD). De plus, le dossier de 7 055 ordinateurs, qui aurait généré un virement de 1,446 milliards de FCFA, doit être scruté à la loupe. Les enquêteurs chercheront à déterminer si ces équipements ont réellement été distribués aux établissements scolaires ou s’ils sont restés inutilisés.
Le Parlement entend ainsi rétablir la confiance des citoyens en montrant que chaque franc dépensé pour l’éducation sera soumis à un contrôle rigoureux. Après neuf années de mise en œuvre, la commission devra rendre un rapport détaillé, mettre en évidence les éventuelles malversations et proposer des mesures correctives pour éviter la répétition de tels écarts.
Cette initiative pourrait marquer un tournant dans la manière dont les projets d’envergure sont suivis au Sénégal, en rappelant que la transparence et la responsabilité restent les piliers d’une gouvernance efficace.



