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Neuf civils dont quatre enfants massacrés à Bombori: les terribles accusations de HRW au Mali

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L’onde de choc des révélations de Human Rights Watch traverse le Sahel, braquant une lumière crue sur des actes d’une brutalité inouïe au cœur du Mali. L’organisation non gouvernementale, fervente défenseuse des droits humains, vient de lever le voile sur un événement tragique qui aurait coûté la vie à neuf civils innocents, dont quatre jeunes enfants, pris au piège d’une opération militaire menée conjointement par les forces maliennes et des paramilitaires russes de l’Africa Corps.

Au cœur du drame de Bombori : la spirale de la violence contre les civils

Les faits relatés par HRW, méticuleusement documentés via treize entretiens à distance, peignent un tableau glaçant de l’incursion du 10 juillet dans le village de Bombori, situé dans la région de Mopti. À l’aube, plus de cent combattants de l’Africa Corps, épaulés par plusieurs militaires maliens, ont fait irruption. Leur cible affichée : les combattants du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM), pourtant absents des lieux la veille selon les informations recueillies. Les agresseurs se sont alors acharnés sur le quartier peul, une ethnie souvent visée par des allégations infondées de collusion avec les groupes jihadistes. Des habitations ont été forcées, leurs occupants traînés dehors. Au moins quatre-vingts hommes et garçons ont été rassemblés sous un arbre, subissant des passages à tabac et des interrogatoires musclés sur leurs liens supposés avec les groupes armés. La menace de mort planait sur ceux qui refuseraient de coopérer.

Des exécutions sommaires à la décapitation : l’escalade de l’horreur

L’organisation détaille des scènes insoutenables : six civils furent abattus alors qu’ils tentaient de fuir. Trois autres, arrêtés, furent exécutés avec une barbarie sidérante. L’un d’eux a été décapité, sa tête ostensiblement exposée au centre du village. Les deux autres ont été égorgés, les mains ligotées dans le dos, d’après le témoignage poignant d’un homme de quarante ans. Lorsque les forces ont quitté Bombori vers quatorze heures, les villageois ont découvert les corps sans vie de cinq hommes âgés de 19 à 34 ans et de quatre enfants, dont les plus jeunes avaient six ans, selon un autre témoin ayant trouvé deux jeunes victimes tuées par balle près d’une maison incendiée. Ilaria Allegrozzi, chercheuse sur le Sahel pour HRW, qualifie ces événements d’« emblématiques des atrocités » perpétrées dans la région, dénonçant la situation intenable des habitants, pris en étau entre groupes jihadistes et forces gouvernementales alliées, sans respect pour le droit international.

Ces graves accusations, pour lesquelles Human Rights Watch a sollicité des éclaircissements auprès du ministre russe de la Défense et du général Assimi Goïta, chef de la junte et ministre de la Défense malien, restent à ce jour sans réponse. Elles soulignent l’urgence d’une enquête approfondie et la nécessité de briser le cycle de l’impunité qui alimente la violence dans un Mali déjà profondément fragilisé par une décennie de conflit contre des groupes terroristes. La crédibilité de l’alliance entre Bamako et Moscou, ainsi que la protection des populations civiles, sont désormais en jeu.

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