La lutte contre le trafic de stupéfiants au Sénégal a franchi une étape singulière avec l’arrestation d’une femme enceinte, A. Guéye, dans la nuit du 11 au 12 août 2026. Cette interpellation, menée par le Groupe de lutte antidrogue de la Gendarmerie nationale à Zac-Mbao, met en lumière les méthodes audacieuses des réseaux criminels et la situation humaine délicate qui en découle.
Une filière transfrontalière sous haute surveillance
L’opération découle d’une enquête approfondie initiée suite à des renseignements précis concernant une organisation criminelle spécialisée dans le commerce illicite d’ecstasy, opérant entre la Gambie et le territoire sénégalais. Les investigateurs suivaient de près la dame A. Guéye, qui venait de traverser la frontière depuis la Gambie, transportant une quantité de substance illicite destinée à la revente locale.
Le dispositif de surveillance s’est concentré autour d’un point stratégique à Zac-Mbao. Aux alentours de 1 heure du matin, les agents ont procédé à l’intervention alors qu’elle s’apprêtait à réaliser une transaction. La perquisition a permis de découvrir 34 comprimés de couleur rose, reconnaissables à leur logo « TikTok », confirmés ultérieurement comme de l’ecstasy après des tests préliminaires. Un téléphone portable de marque iPhone 13 Pro a également été confisqué comme preuve.
Des révélations accablantes et des aveux nuancés
Confrontée aux éléments, A. Guéye a admis avoir acheté la cargaison en Gambie auprès d’un individu surnommé « Bro », pour un montant total de 68 000 FCFA, soit 2 000 FCFA par unité. Elle a expliqué avoir agi sur la commande d’une certaine Myram, qu’elle dit avoir connue récemment par l’entremise de Babacar. Les comprimés devaient être revendus à 3 000 FCFA chacun, générant ainsi un bénéfice significatif.
L’analyse de son téléphone portable a révélé des conversations WhatsApp attestant de sollicitations de plusieurs contacts pour l’acquisition de produits stupéfiants. Des images et des vidéos illustrant diverses catégories de drogues ont également été découvertes sur l’appareil. Cependant, la mise en cause a minimisé son rôle, affirmant que ces messages provenaient de connaissances qui lui demandaient de leur trouver de la drogue sur le marché gambien.
La justice face à une situation complexe
Le procès-verbal des autorités souligne que la prévenue est enceinte. Elle a d’ailleurs bénéficié d’une consultation médicale spécialisée pendant sa garde à vue, compte tenu de son état. Devant la gravité des faits, A. Guéye a exprimé des regrets et imploré la clémence des autorités judiciaires. Au terme des investigations, les gendarmes l’ont présentée devant le procureur du Tribunal de grande instance de Pikine-Guédiawaye. Elle a été placée sous mandat de dépôt le 14 août dernier, faisant face à des accusations d’association de malfaiteurs ainsi que d’offre et de cession de drogues.
Cette affaire soulève des questions sur la vulnérabilité de certains profils utilisés par les réseaux de trafiquants, et met en lumière la détermination des forces de l’ordre sénégalaises à démanteler ces filières, même face à des situations humaines complexes.



