L’ambition de l’ex-président sénégalais Macky Sall de prendre la tête des Nations unies entre dans une phase décisive. Ce jeudi 30 juillet marque le début d’un vote confidentiel au sein du Conseil de sécurité de l’ONU, un moment clé pour évaluer le degré d’appui envers les sept postulants cherchant à remplacer l’actuel Secrétaire général, António Guterres. Pour Sall, qui se décrit comme un « bâtisseur de ponts », ce premier scrutin indicatif représente bien plus qu’une simple formalité ; c’est un test précoce de sa capacité à naviguer les eaux complexes de la diplomatie mondiale.
Cette consultation initiale, bien que sans portée légale, fonctionne comme un baromètre essentiel pour chaque candidat. En réunion secrète, les membres du Conseil de sécurité remplissent leurs bulletins en cochant « Encourage », « Discourage » ou « No opinion ». Si les premiers tours garantissent l’anonymat, les étapes ultérieures introduisent des bulletins de couleurs distinctes. Cette différenciation révèle la position des cinq membres permanents – la Chine, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et la Russie – dont un simple « Discourage » a, en pratique, le pouvoir d’écarter instantanément une candidature.
Le chemin semé d’embûches du Conseil de sécurité
Le parcours vers la plus haute fonction des Nations unies est notoirement ardu, principalement en raison du mécanisme de vote singulier du Conseil de sécurité. Un unique signal négatif émanant de l’un des membres permanents suffit en réalité à stopper net une postulation. Ce système impose aux aspirants non seulement de rallier un large soutien, mais aussi d’éviter toute opposition majeure des grandes puissances mondiales. L’objectif est limpide : obtenir au moins neuf voix favorables, sans qu’aucun permanent ne s’y oppose, pour être recommandé à l’Assemblée générale.
Lors du débat public tenu le 23 juillet devant l’Assemblée générale, Macky Sall a exposé sa vision d’une ONU « plus confiante, plus efficace et profondément réformée ». Il a mis l’accent sur l’intégration du numérique et de l’intelligence artificielle comme piliers pour l’avenir de l’organisation. Se présentant comme un « bâtisseur de ponts », son message vise le consensus. Cependant, des analyses précédentes de Senego, datant d’avril, soulignaient une fragilité potentielle : son discours, jugé rassembleur, n’a pas réussi à avancer des propositions concrètes suffisamment tranchées pour se distinguer de concurrents aux profils très affirmés.
Rivalités et positionnement stratégique
Le champ des candidatures est intense, incluant des personnalités comme Rafael Grossi, l’actuel directeur de l’AIEA, et l’Ougandais Olara Otunnu. Ce dernier est d’ailleurs crédité d’avoir mis en place le mécanisme du vote indicatif en 1981. Malgré sa candidature tardive le 25 juillet dernier, Olara Otunnu est perçu par certains observateurs comme moins susceptible d’un veto de la part des membres permanents, ce qui pourrait lui conférer un avantage inattendu dans cette compétition à enjeux élevés. Ce processus devrait s’étendre sur plusieurs tours avant qu’une recommandation ne soit transmise à l’Assemblée générale.
Alors qu’António Guterres conclura son mandat le 31 décembre 2026, la communauté internationale observe avec attention cette sélection cruciale. Le successeur, qui entrera en fonction le 1er janvier 2027, héritera d’une organisation confrontée à d’innombrables défis mondiaux. Pour Macky Sall et les autres candidats, ce premier scrutin indicatif représente un moment clé, façonnant les perceptions et signalant la viabilité de leurs campagnes dans une course où les manœuvres diplomatiques sont aussi vitales que la vision présentée.



