Tests, masques et distanciation physique… Après quasiment cinq mois d’arrêt, le tennis professionnel a repris le chemin de la compétition, lundi, à l’occasion d’un tournoi WTA organisé à Palerme, en Italie. Scruté de près, son déroulement risque de peser sur la suite de la saison. 

Depuis lundi 3 août, un test grandeur nature est en cours en Sicile pour le monde du tennis professionnelparalysé depuis cinq mois par la pandémie de coronavirus. Alors qu’une seconde vague menace de très nombreux pays, la saison de tennis est suspendue au déroulement du tournoi italien.

C’est la ville de Palerme et son tournoi mineur du circuit WTA, qui se déroule sans aucune tête d’affiche ni de joueuses du Top 15 mondial, qui servent de laboratoire. Huit matches du premier tour ont déjà été disputés lundi, et huit autres duels sont au programme mardi 4 août.

Cette compétition, dont la finale sera jouée le 9 août, est très observée et soumise à de nombreuses mesures et protocoles sanitaires.

« Pas le droit à l’échec »

« Nous sommes confiants, mais je ressens également une grande responsabilité dans le sens où nous n’avons pas le droit à l’échec, a expliqué avant le début de la compétition le directeur Oliviero Palma interrogé par Tennis Majors. C’est le premier tournoi du monde à reprendre et il doit démontrer que ce sport peut revenir. »

Or, l’expérience a failli tourner court après qu’une joueuse a été testée positive au Covid-19 à quelques minutes du début des qualifications du tournoi le 1er août. La WTA a précisé, dans un communiqué, que la joueuse en question, qui était asymptomatique, a été rapidement placée à l’isolement, conformément au plan établi pour lutter contre la propagation du Covid-19.

Un test renouvelé tous les quatre jours

Concrètement, autour et sur le court, la donne a changé. Les joueuses, arrivées à Palerme avec trois jours d’avance et soumises à deux tests Covid-19, renouvelés tous les quatre jours, sont cantonnées à l’hôtel et au site de la compétition. Non masquées pendant les matches sur terre battue, elles doivent l’être lors de leur entrée et sortie du court. La poignée de main protocolaire et les accolades amicales étant bannies, les joueuses ont trouvé la parade pour se saluer en faisant légèrement entrechoquer leurs raquettes au-dessus du filet.

En principe, l’arbitre de chaise et les entraîneurs, placés au premier rang des tribunes, doivent être masqués, comme partout dans les allées du complexe sportif. Mais lors de certaines parties, notamment le match qui a opposé, le 3 août, Kristyna Pliskova et Maria Sakkari, ni l’arbitre principal, ni les juges de ligne, limités au nombre de cinq (au lieu de 11) et répartis d’une manière à respecter la distanciation physique, n’en portaient convenablement et d’une manière continue. 

Les ramasseurs de balle, également limités au nombre de trois (au lieu de six), sont dispensés de la corvée de la serviette, afin d’éviter les contacts avec les joueuses. Enfin, côté public, seuls 350 spectateurs, eux-aussi en principe masqués, peuvent assister à un match, après une prise de leur température à l’entrée.

« C’est bizarre, parfois c’est drôle avec tous ces différents protocoles, les masques, les visières dans les voitures… Bien sûr, c’est nécessaire mais c’est tellement différent que parfois ça a l’air tout simplement irréel », avait déclaré la Croate Petra Martic, tête de série numéro un du tournoi, avant le début de la compétition.

L’organisation de l’US Open aux États-Unis en question

Interrogé par Franceinfo sur cette reprise, Jean-François Caujolle, organisateur des tournois de Lyon et de Marseille, a estimé qu’elle était nécessaire. « Ce qui est important, c’est en effet que ça redémarre (…). En maintenant la distanciation et en maintenant certains gestes barrières, je crois que la vie doit reprendre. Et à l’intérieur de la vie, le tennis doit reprendre aussi », a-t-il déclaré.

Des conclusions devront être tirées de l’expérience palermitaine car la WTA et l’ATP ont donné leur feu vert pour le maintien de 14 tournois jusqu’à la fin de la saison, tandis que 15 autres ont été annulés, notamment des compétitions qui devaient se disputer en Asie.

D’autant plus que se profile l’US Open, le premier rendez-vous majeur du calendrier du tennis. Le tournoi américain du Grand Chelem a été maintenu à ses dates initiales, soit à partir du 31 août, alors que l’épidémie est très largement répandue aux États-Unis. Mais l’annonce officielle de l’annulation du tournoi de Washington, prévu le 14 août, qui devait lancer la reprise de la saison sur le circuit ATP, ainsi que les nombreuses restrictions concernant les voyages internationaux font craindre un report pur et simple de l’US Open.

Toutefois, le début du Masters 1000 de Cincinnati, qui doit se dérouler à huis clos sur le site de Flushing Meadows à New York avant l’US Open, est pour l’instant maintenu au 22 août.

« La Fédération américaine de tennis va créer un environnement sûr et contrôlé pour les joueurs et toutes les personnes impliquées dans les deux tournois, ce qui atténuera les risques sanitaires », a assuré l’instance mi-juillet.

Toujours est-il que de nombreux joueurs ont déjà émis des doutes quant à leur venue dans un pays qui a enregistré 156 000 décès en lien avec le Covid-19. Le numéro un mondial Novak Djokovic et son dauphin Rafael Nadal, qui figurent parmi les engagés du tournoi de préparation à l’US Open, ont émis des doutes sur l’intérêt d’organiser le tournoi du Grand Chelem dans un pays encore fortement touché par l’épidémie.  

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