Le Coronavirus continue sa marche. Les infectés, les cas graves et les morts se multiplient à un rythme exponentiel. Face à cette situation, des voix se lèvent pour dénoncer la stratégie du ministère de la Santé que d’aucuns considèrent comme une abdication. La tutelle incarnée par Diouf Sarr donne l’impression d’avoir jeté l’éponge.

La propagation du coronavirus au Sénégal serait imputable à la nouvelle stratégie du ministère de la santé consistant à ne tester que les personnes symptomatiques. Pour Dr Kanny Touré Kairé, rapporté par Walf Quotidien : «  il existe beaucoup de personnes  qui sont des porteurs sains de la maladie mais ont la capacité de la transmettre à d’autres personnes qui peuvent en mourir », renseigne la spécialiste. Selon elle, le fait de décider de ne plus tester les personnes asymptomatiques est un recul manifeste dans la riposte et même un abandon. D’ailleurs, ajoute-elle, « le nombre de cas négatifs au Pcr avec des signes positifs au scanner sont énormes.

De même, le nombre de cas négatifs 2 fois et qui deviennent positifs à un 3e test sont aussi importants. Ainsi, décider de ne pas tester des personnes asymptomatiques, c’est assumer en toute conscience qu’il y a beaucoup de personnes qu’on n’isole pas, qu’on ne surveille même pas, alors qu’elles sont des cas positifs et capables de transmettre la maladie ».

Sur le même registre, le Professeur Mboup révèle que la modélisation mise en place à l’Iressef montre que le pic de l’épidémie est à prévoir au mois d’Octobre et que l’épidémie devrait durer plus longtemps.

Interpellé sur la nouvelle stratégie consistant à tester uniquement les sujets symptomatiques, le Professeur Mboup dit être favorable au dépistage massif.

S’exprimant sur les tests rapides, il fera des précisions de taille sur leur disponibilité et les différentes formes de tests. À l’en croire, à l’heure actuelle, les tests rapides disponibles sont essentiellement de type sérologique, c’est-à-dire qui sont destinés à savoir si l’individu a développé une défense contre la maladie.

Des contraintes liées à l’approvisionnement en intrants, notamment en réactif  d’alternatives par rapport aux kits de prélèvement mais aussi de mise à disposition de laboratoires décentralisés, ont été soulevées et des solutions rapides sollicitées.

En optant pour cette nouvelle stratégie qui réserve la part belle aux cas symptomatiques, Abdoulaye Diouf Sarr et ses collaborateurs laissent en rade une frange importante de Sénégalais qui transportent le virus surtout avec le mouvement humain lié à la fête de la Tabaski. Les autorités sanitaires à la tête desquelles le ministre Diouf Sarr n’ont-ils pas rangé les armes dans la guerre contre le Coronavirus ? Tout porte à le croire. En tout état de cause, les signaux d’une renonciation des pouvoirs publics sont perceptibles dans les actes posés par les uns et les autres. Cette attitude nous laisse perplexe et dubitatif à la fois. Ce qui nous conduit à égrener un faisceau d’interrogations dont la principale est liée à l’achat du matériel médical et autres destinés à vaincre le coronavirus.

Faut-il auditer le matériel acheté ?

Dans l’achat de combinaisons pour le personnel de santé, Diouf Sarr et ses services ont eu à dépenser plus de 2 milliards de Fcfa. Malheureuseument, l’ argent n’ a pas été injecté dans du matériel de qualité. Ledit marché a été attribué à quelqu’ un qui n’est pas professionnel dans le matériel médical. Il semblerait que cette dame en question évolue dans le secteur de la restauration. Des milliards jetés dans le vent. Ne serait-il pas plus judicieux d’auditer tout le matériel acheté dans le cadre de la Covid-19 ?

L’argent payé aux hôteliers mérite aussi d’être passé à la loupe des contrôleurs. Ont-ils effectivement fait le service qui était le leur ?  Par ailleurs, ceux qui étaient retenus pour être testés sortent  sans être pris en charge comme des malpropres jetés dans la nature. Pourtant , on a clamé et déclamé que 1000 milliards étaient disponibles dans la guerre contre la Covid-19. Que dire des 60 milliards de FCFA alloués au ministère de la Santé ?

Le cri du cœur du DR Bousso dévoilant le manque drastique de fonds pour prendre en charge les infectés , est ahurissant et à la limite renversant. Ce qui nous amène à nous demander où sont passés les 60 milliards de FCFA alloués à Diouf Sarr et son équipe ?

Présentement, dans le cas d’une famille , si un membre est contaminé, il est le seul à être pris en charge. Tous les autres qui ne présentent pas des symptômes n’entrent pas dans le dispositif sanitaire de nos soignants. Ce qui ressemble fort à un abandon de la part des autorités sanitaires de ce pays.

Au-delà de cet état de fait, on se rend compte qu’on teste de moins en moins de personnes au moment où les infectés , les cas graves et les morts se multiplient à un rythme exponentiel.

Tous les pays qui ont réussi dans la lutte contre le coronavirus avaient opté pour le dépistage à grande  échelle comme ce fut le cas en Allemagne. Au moment où la France testait 100 000 personnes par semaine, l’Allemagne était à 500 000. Ce qui a permis au pays de Angela Markel de circonscrire mieux la pandémie que les autres pays de l’ Europe.

Vivre avec le virus ne signifie qu’ on doit ranger les armes et laisser les populations à la merci de la pandémie.

Les tests massifs permettent de déterminer de manière nette l’ampleur du Mal. C’est faisable parce le Sénégal a bénéficié de 4 lignes de financement de l’ AFD dans ce sens qui se chiffrent à plusieurs milliards de FCFA . A cela vient se greffer l’appui d’autres partenaires techniques et financiers sans compter les contributions de nos vaillants capitanes d’industries et les acteurs de tous les segments sociaux.

En optant de traiter uniquement de traiter  les cas symptomatiques, le Sénégal surfe sur les vagues d’un mélange détonnant qui peut exploser à tout moment.

Le régime actuel ne fait que communiquer alors qu’on lui demande de gouverner. Cela veut dire tout simplement résoudre les préoccupations des Sénégalais et leur procurer un bonheur réel dans un contexte de Covid-19. La grandeur d’un Etat se mesure à l’aune des  crises multiformes surtout que celles –ci sont sanitaires et économiques.

Mademba Ramata DIA

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